Après Luanda, Dallas et Gaborone, c'est au tour d'Abidjan d'accueillir en 2027 le sommet économique le plus attendu entre Washington et le continent, une première pour l'Afrique de l'Ouest francophone.
Publié le 28 septembre 2026 à 09:41 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 18:15

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Quatre jours, des milliers de décideurs, et un pays d'Afrique de l'Ouest francophone qui n'avait encore jamais eu ce privilège. La Côte d'Ivoire vient de rafler un trophée diplomatique que Luanda, Dallas et Gaborone se sont partagé ces trois dernières années.
En marge de la 80e Assemblée générale des Nations unies à New York, le Corporate Council on Africa a confirmé qu'Abidjan accueillera en 2027 la 19e édition du US-Africa Business Summit. Afrimag rapporte que l'événement rassemblera des milliers de hauts responsables publics et privés venus des deux continents, sur une plateforme baptisée Côte d'Ivoire Business Investment Forum. Une candidature qui ne sort pas de nulle part : elle arrive quelques jours après que le ministre du Plan Souleymane Diarrassouba a présenté, toujours à New York, la feuille de route du pays aux investisseurs américains.
D'après Abidjan.net, cette présentation du Plan National de Développement 2026-2030 fixe deux caps : 3 millions d'emplois formels créés et un revenu par habitant porté à 4 500 dollars d'ici 2030. Capmad.com précise que le PND mobilise plus de 114 000 milliards FCFA, dont l'essentiel devra venir du privé (70,2 %), une manière de dire aux financiers américains : venez, la table est mise.
Pour une Afrique de l'Ouest francophone souvent perçue depuis Washington comme une périphérie anglophone-centrée, ce sommet est un signal. Décrocher ce genre d'événement, ce n'est pas seulement une affaire de protocole : c'est se positionner comme porte d'entrée régionale pour les capitaux américains, face à une concurrence est-africaine et australe déjà bien organisée.
D'ici 2050, l'Afrique comptera plus de deux milliards d'habitants et cherchera des partenaires capables de financer routes, usines et universités à cette échelle. Un sommet organisé à Abidjan ne crée pas d'emplois à lui seul. Il ouvre une porte. Reste à savoir qui, dans la région, saura vraiment la franchir.
La Côte d'Ivoire peut-elle transformer ce coup diplomatique en investissements concrets, ou restera-t-il un trophée de plus dans la vitrine ?
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