Après 48 heures à Abidjan, le président guinéen a repris l'avion pour Conakry. Sécurité, minerais, fraternité affichée : ce que retient l'axe Abidjan-Conakry de cette visite d'État.
Publié le 15 septembre 2026 à 12:22 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 14:10

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Quarante-huit heures. C'est le temps qu'il aura fallu à Mamadi Doumbouya pour boucler sa visite d'État à Abidjan, serrer une dernière fois la main d'Alassane Ouattara et reprendre l'avion vers Conakry, ce lundi 14 septembre 2026. Entre les deux, une phrase résume l'ambition affichée : « Il n'y a pas de développement sans paix ni stabilité », a lancé le président guinéen à son hôte.
L'axe Abidjan-Conakry n'a rien d'anodin dans une Afrique de l'Ouest fracturée par les coups d'État et les ruptures avec la CEDEAO. Depuis son arrivée au pouvoir par la force en 2021, Doumbouya cherche des partenaires solides pour asseoir sa légitimité régionale, quand Ouattara, doyen de la sous-région, joue les médiateurs entre juntes et institutions. Selon l'AIP, les deux chefs d'État ont voulu, lors de leur rencontre du dimanche 13 septembre à la résidence de Cocody, « renforcer et diversifier » une coopération déjà ancienne, saluée aussi sur X par la présidence ivoirienne.
Rien de spectaculaire n'a été signé. Les discussions ont porté sur la sécurité transfrontalière, l'orpaillage clandestin et le terrorisme qui grignote le Sahel jusqu'au nord de la Guinée. Côté économie, Doumbouya a vanté le fer de Simandou, la bauxite, l'or et une future raffinerie présentée comme la plus grande d'Afrique : « Nos deux économies sont appelées à être complémentaires. » . Ouattara a évoqué une « fraternité historique » retravaillée dans l'économique et le sécuritaire. Pour une jeunesse guinéenne sous transition militaire, ce parrainage pèse lourd : il vaut reconnaissance.
Vue depuis 2050, cette relation dira si la Guinée a su transformer son sous-sol en industrie et sa transition en État de droit, ou si Simandou n'aura été qu'une promesse minière engloutie par une gouvernance fragile. La Côte d'Ivoire, elle, joue une carte plus subtile : montrer qu'on peut dialoguer avec un régime né d'un putsch sans le cautionner.
L'axe Abidjan-Conakry peut-il devenir le modèle d'une coopération ouest-africaine qui tient debout sans la tutelle de la CEDEAO, ou n'est-il qu'une photo de famille de plus entre chefs d'État ?
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