Après neuf nouveaux cas confirmés début octobre dans une zone contrôlée par l'AFC/M23, Médecins sans frontières a déployé une équipe mobile au Nord-Kivu. La méfiance communautaire complique une riposte déjà freinée par le conflit armé.
Publié le 14 octobre 2026 à 10:21 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 08:16

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"Une partie de la population ne croit toujours pas pleinement à l'existence d'Ebola." La phrase de Nicodème Kabuyaya, coordinateur adjoint des projets de Médecins sans frontières sur place, résume le double combat que mène l'organisation au Nord-Kivu : soigner des malades, et convaincre des gens que la maladie existe vraiment.
Tout est parti d'une alerte : neuf cas confirmés le 2 octobre à Kayna et Alimbongo, deux localités au sud du territoire de Lubero, une zone contrôlée par le groupe armé AFC/M23. MSF y avait déjà construit un centre d'isolement en septembre. Quatre jours après l'alerte, le 6 octobre, une équipe mobile est envoyée pour renforcer la prise en charge et la sensibilisation.
Cette épidémie n'est pas une parmi d'autres. Selon les derniers bilans relayés par les agences de presse ouest-africaines, elle a déjà franchi le cap des 5 700 cas confirmés et plus de 4 200 décès dus à la souche Bundibugyo du virus, ce qui en fait la plus grave jamais enregistrée en République démocratique du Congo. MSF déploie déjà plus de 2 800 soignants et 8 centres de traitement, pour plus de 3 500 patients pris en charge depuis le début de la crise.
Mais soigner ne suffit pas quand une partie de la population refuse l'isolement, quand des enterrements se font dans la clandestinité, et quand la fermeture de certaines routes, destinée à limiter la propagation, coupe aussi l'accès aux biens essentiels. "La sensibilisation communautaire est la priorité absolue pour éviter que l'épidémie ne s'étende", insiste Kabuyaya.
Une épidémie qui se joue dans une zone de conflit armé, où l'État central n'a plus toute la main, c'est le test ultime de la souveraineté sanitaire africaine : celle qui doit protéger des populations que la guerre a déjà fragilisées, avant même que le virus n'arrive. Combien de temps le Nord-Kivu peut-il porter cette double urgence à la fois ?
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