Vingt chefs d'État africains réunis sur la nouvelle cité intelligente d'Alamein : l'Égypte veut transformer le discours sur l'intégration africaine en marché unique de 3 600 milliards de dollars.
Publié le 3 octobre 2026 à 08:15

Ecouter l'article
Une application développée à Lagos, un paiement bloqué à la frontière ivoirienne, une levée de fonds qui échoue parce que l'investisseur ne voit qu'un marché de 20 millions d'habitants au lieu d'un continent de 1,4 milliard. C'est ce genre de mur que l'Égypte a mis sur la table ce week-end, dans une ville qui n'existait pas il y a dix ans.
À Alamein, nouvelle cité intelligente posée sur la Méditerranée, s'est ouvert le premier Forum Alamein-Afrique, du 2 au 4 octobre 2026, avec le président Abdel Fattah al-Sissi attendu pour l'inauguration officielle ce samedi, rapporte Ahram Online. Plus de vingt chefs d'État et de gouvernement africains, selon le Ghanaian Times, se retrouvent sur ce site organisé par l'Égypte, la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) et l'Agence de développement de l'Union africaine (AUDA-NEPAD), en marge du sommet de mi-année de l'UA.
Le message central, confirmé par Ahram Online : débloquer l'économie de 3 600 milliards de dollars que représente le marché africain, à condition que les pays cessent de commercer davantage avec Londres ou Shanghai qu'avec leurs voisins.
Le ministre égyptien de la Planification pousse une idée précise : transformer les start-up africaines en moteur de croissance transfrontalière, un pari que confirme aussi la Chambre de commerce euro-africaine, qui décrit Alamein comme le lieu où le pouvoir politique rencontre l'esprit d'entreprise.
Voilà le vrai sujet, au-delà du décor neuf et des discours d'ouverture : la ZLECAf reste, sept ans après sa signature, un texte plus appliqué dans les communiqués que dans les entrepôts. Chaque frontière encore fermée au commerce intra-africain, c'est une start-up qui plafonne à l'échelle nationale au lieu de viser 54 marchés d'un coup.
Une Afrique 2050 crédible ne se jouera pas à Davos ni à Bruxelles, mais dans la capacité du continent à laisser circuler ses propres biens, ses capitaux et ses talents sans visa ni taxe à chaque frontière.
Un marché unique africain de 3 600 milliards de dollars, utopie de sommet ou objectif atteignable avant 2050 ? Votre avis compte.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…