Interdiction sous treize ans, mode sécurisé imposé jusqu'à quinze ans : Le Caire impose de nouvelles règles aux plateformes, avec trois mois pour s'y conformer.
Publié le 20 septembre 2026 à 09:00 — mis à jour le 26 septembre 2026 à 19:38

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Plus aucun enfant de moins de treize ans ne pourra ouvrir seul un compte sur un réseau social en Égypte. La règle est nette, et la marge de manœuvre laissée aux plateformes, très courte.
Le Conseil suprême pour la régulation des médias (SCMR) et l'Autorité nationale de régulation des télécommunications (NTRA) ont publié, jeudi 18 septembre 2026, un décret conjoint interdisant aux moins de treize ans de créer un compte de réseau social indépendant.
Pour la tranche des treize à quinze ans, un mode sécurisé devra s'activer automatiquement, verrouillé, impossible à désactiver par le mineur lui-même. Les plateformes ont, selon le texte, trente jours pour soumettre un plan opérationnel, puis trois mois pour se mettre pleinement en conformité, avec vérification de l'âge et procédure d'appel en cas d'erreur.
Khaled Abdel Aziz, président du SCMR, coupe court à toute lecture liberticide de la mesure : « Les mesures ne visent pas à priver les enfants de l'accès technologique, mais à aligner l'utilisation avec leur stade développemental. » Mohamed Shamroukh, à la tête de la NTRA, porte la mise en œuvre technique côté opérateurs. Le décret s'inscrit, d'après le texte publié, dans une directive du président Abdel Fattah al-Sissi.
L'Égypte rejoint un mouvement mondial de régulation de l'enfance numérique, mais avec un poids démographique que peu de pays africains peuvent revendiquer : plus de cent millions d'habitants, et une part considérable de mineurs déjà connectés avant dix ans. Mona Lamloum, experte en éducation et psychologie, juge la mesure importante mais tardive, en rappelant des précédents européens comparables.
Sur un continent où l'âge moyen restera parmi les plus bas du monde en 2050, la façon dont chaque État règle aujourd'hui l'accès des enfants à l'écran dessine déjà le rapport de toute une génération à l'information.
Faut-il, selon vous, que d'autres pays africains imposent le même type de garde-fou avant que leurs enfants ne grandissent avec un algorithme pour seul éducateur ?
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