Le gouvernement ivoirien a redéfini par décret les limites de cinq agroforêts et neuf forêts classées, une mesure censée apaiser des conflits fonciers qui empoisonnent des villages entiers depuis des années.
Publié le 24 septembre 2026 à 09:04 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 22:11

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À Divo, un planteur de cacao cultive son hectare depuis vingt ans. Il ne sait toujours pas, aujourd'hui, si ses arbres poussent à l'intérieur ou à l'extérieur de la forêt classée qui borde son champ. Cette incertitude, des milliers de familles ivoiriennes la vivent au quotidien, coincées entre un cadastre flou hérité de l'époque coloniale et une pression démographique qui grignote chaque année un peu plus le couvert forestier.
Le 23 septembre 2026, le Conseil des ministres a tranché. Quatorze décrets ont été adoptés pour redéfinir les limites de cinq agroforêts, Abo Bloc 2, Agboville, Davo, Divo et Mont Mouny, ainsi que de neuf forêts classées allant de Benafoko à Négé, selon l'AIP. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a expliqué que la mesure vise à clarifier les zones protégées, réduire les conflits fonciers et intégrer les enjeux de biodiversité, précise Fraternité Matin dans son compte rendu du communiqué.
La Côte d'Ivoire a perdu la grande majorité de son couvert forestier depuis l'indépendance, passant d'environ 16 millions d'hectares à moins de 3 millions aujourd'hui. Chaque hectare mal délimité devient un foyer de tension entre paysans, exploitants et administration forestière, un cocktail qui a déjà nourri des expulsions violentes dans plusieurs régions du pays.
L'exercice dépasse la seule Côte d'Ivoire. D'un bout à l'autre du continent, des millions de familles cultivent des terres sans titre clair, pendant que les États tentent de sauver ce qui reste des forêts tropicales. Fixer des frontières nettes, c'est aussi poser les bases d'une gouvernance foncière capable de nourrir les 2,5 milliards d'Africains attendus en 2050 sans achever de raser les derniers massifs forestiers du continent, rapporte Linfodrome en écho au communiqué du gouvernement.
Reste à savoir si ces nouveaux tracés seront appliqués sur le terrain, et pas seulement dans les décrets.
Vous vivez près d'une forêt classée ou d'un parc national ? Ce genre de redéfinition des limites a-t-elle déjà changé votre quotidien, en bien ou en mal ?
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