Des centaines de personnes ont manifesté dans la capitale éthiopienne pour dénoncer ce qu'elles qualifient de recrutement militaire forcé de leurs proches en vue d'un déploiement au Tigré.
Publié le 19 juillet 2026 à 10:57 — mis à jour le 17 octobre 2026 à 04:09

Ecouter l'article
Des parents, dans la rue, pour un fils ou une fille qu'ils ne veulent pas voir partir. C'est la scène qui s'est répétée ce week-end à Addis-Abeba.
Des centaines de manifestants ont battu le pavé de la capitale éthiopienne pour dénoncer ce qu'ils qualifient de recrutement militaire forcé de membres de leur famille, en vue d'un déploiement lié à la situation au Tigré, selon les informations rapportées samedi par l'Africa Intelligence Brief.
Les protestataires réclament l'arrêt immédiat de ces enrôlements, qu'ils jugent menés sans le consentement des personnes concernées ni de leurs proches.
Si elle se confirme, cette mobilisation s'inscrit dans un climat déjà tendu entre Addis-Abeba et la région du Tigré, où l'accord de paix signé après la guerre de 2020-2022 reste fragile, marqué par des retards dans le désarmement, le retour des déplacés et la restauration pleine de l'administration régionale.
Pourquoi ça compte pour l'Afrique de l'Est ? Parce qu'un recrutement perçu comme forcé, dans un pays qui sort à peine d'un conflit ayant fait des centaines de milliers de morts, ravive une méfiance profonde entre le pouvoir fédéral et les populations du nord du pays. La paix, sur le papier, ne suffit jamais à effacer d'un coup la crainte qu'un nouveau conflit ne reparte du même endroit.
Combien de temps un accord de paix peut-il tenir si les familles continuent de craindre, des années après, d'être à nouveau appelées à envoyer leurs enfants se battre ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…