Quelques heures après l'interdiction des vols de drones sur la capitale éthiopienne, des explosions ont été entendues dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre. Le conflit du Tigré, relancé depuis des semaines, menace désormais Addis-Abeba elle-même.
Publié le 2 octobre 2026 à 09:41 — mis à jour le 2 octobre 2026 à 10:15

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Des explosions dans le ciel de la capitale. Quelques heures plus tôt, le gouvernement avait interdit tout vol de drone au-dessus d'Addis-Abeba et de ses environs. Ce n'était pas une précaution gratuite.
Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, des déflagrations ont été entendues dans plusieurs quartiers de la capitale éthiopienne, rapporte Al Jazeera. Une source proche de l'Alliance des forces éthiopiennes pour la survie, la coalition rebelle qui regroupe sept groupes armés dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), a affirmé à Reuters que ses combattants avaient mené plusieurs frappes de drones sur Addis-Abeba, visant notamment le quartier général de l'armée.
Bloomberg confirme que deux explosions ont bien été entendues dans la capitale, selon des sources diplomatiques.
Le bilan humain s'alourdit sur le terrain. Autour d'Alamata, dans le Tigré, les combats ont tué 52 civils et blessé plus de 700 personnes ces derniers jours, selon le bilan relayé par l'agence panafricaine allAfrica.
Les forces gouvernementales ont progressé jusqu'à moins de 40 kilomètres de Mekelle, la capitale régionale, poussant des milliers d'habitants à fuir. Addis-Abeba accuse l'Érythrée voisine d'actes d'hostilité directs et indirects et a expulsé dix diplomates érythréens. Asmara dément.
Pour l'Afrique de l'Est, ce n'est pas un conflit parmi d'autres. L'Éthiopie reste le deuxième pays le plus peuplé du continent et un pivot diplomatique pour l'Union africaine, dont le siège est justement à Addis-Abeba. Que la guerre remonte jusque dans la capitale dit quelque chose de la fragilité d'un État qui se voulait, il y a quelques années encore, la vitrine d'une croissance africaine enviée.
D'ici 2050, la Corne de l'Afrique devra avoir choisi entre deux trajectoires : celle d'une intégration régionale portée par le commerce et les infrastructures, ou celle d'un cycle sans fin de guerres internes qui draine ses propres ressources avant même qu'elles ne profitent à sa jeunesse.
Combien de temps l'Union africaine pourra-t-elle tenir ses sommets à quelques kilomètres d'un front de guerre sans que cela n'interroge sa propre capacité à faire la paix chez elle ?
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