Les autorités tigréennes affirment être entrées en guerre totale contre Addis-Abeba après la prise de trois aéroports régionaux, ravivant la crainte d'un retour aux années les plus sombres du conflit.
Publié le 25 septembre 2026 à 10:48 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 20:08

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Trois aéroports, trois villes, une seule nuit. Mercredi, les forces tigréennes se sont emparées des aéroports de Mékélé, la capitale régionale, d'Aksoum et de Shiré, jusque là sous contrôle fédéral. Ethiopian Airlines a suspendu tous ses vols vers les trois villes.
Les combats ont débuté mardi soir dans la région voisine de l'Afar, autour d'Abala et d'Erebti, avant de s'étendre à la frontière avec l'Amhara, précise Tchadinfos. Les autorités régionales tigréennes affirment que le gouvernement fédéral a lancé une invasion terrestre contre leurs positions et qu'elles ne mènent qu'une bataille défensive. Getachew Reda, ancien cadre du TPLF désormais dans le camp fédéral, accuse au contraire le Tigré d'avoir engagé des opérations offensives de grande ampleur, selon les propos relayés par La DH. L'Union africaine, elle, a lancé un appel à la retenue maximale et à une désescalade immédiate.
Cette escalade survient quatre ans après l'accord de paix de Pretoria, signé en novembre 2022 pour clore un conflit qui a coûté la vie à environ 600 000 personnes selon les estimations de l'Union africaine elle-même. L'un des plus meurtriers de ce siècle sur le continent. Quand un accord censé refermer une telle plaie se fissure à ce point, c'est la crédibilité de toute médiation africaine, de l'UA à l'IGAD, qui se retrouve mise à l'épreuve devant le monde entier.
L'Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d'Afrique, pèsera lourd dans la démographie du continent en 2050. Une Corne de l'Afrique incapable de faire tenir ses propres accords de paix prépare, pour les décennies à venir, un cycle de déplacements et de destructions que ni l'aide internationale ni les voisins ne pourront indéfiniment absorber.
Un accord de paix vieux de quatre ans peut-il encore être sauvé quand les deux camps s'accusent déjà, chacun, d'avoir tiré les premiers ?
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