Une quinzaine d'activistes ont été arrêtés à Tunis dans la nuit suivant une marche de soutien aux détenus de la flottille Al-Soumoud, dont des journalistes de Nawaat conduits à l'Aouina pour interrogatoire.
Publié le 22 septembre 2026 à 11:41 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 19:59

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Il était près de minuit quand les premières arrestations ont commencé, chez certains à leur domicile, familles comprises, à peine quelques heures après que la foule s'était dispersée.
Selon le Comité national de défense des activistes de la Flottille Al-Soumoud, cité par Business News, une quinzaine de personnes ont été interpellées dans la nuit du 20 au 21 septembre, au lendemain d'une marche organisée à Tunis pour réclamer la libération de quatre militants en grève de la faim à la prison de la Mornaguia : Wael Naouar, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi. Kapitalis précise que ces quatre détenus ont vu leur détention préventive prolongée de quatre mois, dans une affaire liée au soutien apporté par la flottille à la cause palestinienne. Le Courrier de l'Atlas rapporte que des journalistes du site Nawaat ont eux aussi été interpellés en marge du rassemblement, puis conduits au poste de l'Aouina pour interrogatoire.
La marche du 19 septembre avait pourtant réuni un front large et inhabituel : l'UGTT, l'Ordre national des avocats, la Ligue tunisienne des droits de l'homme et le Syndicat national des journalistes tunisiens s'étaient associés à l'appel, et ces mêmes organisations ont ensuite dénoncé, dans un communiqué conjoint, des interpellations qui menacent selon elles des libertés fondamentales garanties par la Constitution. Le Front de salut national et le Mouvement du peuple ont eux aussi exigé la libération immédiate des personnes arrêtées.
Pour la Tunisie, seul pays d'Afrique du Nord à avoir engagé une transition démocratique après 2011, cette séquence pose une question qui dépasse la seule cause palestinienne : celle de l'espace laissé à la mobilisation citoyenne dès qu'elle touche à un sujet sensible pour l'exécutif.
Le fil qui mène jusqu'en 2050 passe justement par ce genre de nuit d'arrestations : c'est la capacité des sociétés africaines à tolérer la contestation pacifique, y compris sur des causes qui dérangent la diplomatie officielle, qui dira si le continent aura construit des démocraties robustes ou de simples façades institutionnelles prêtes à se refermer au premier rassemblement.
La solidarité avec une cause internationale comme la Palestine peut-elle continuer à coûter aussi cher, en Tunisie comme ailleurs sur le continent, à ceux qui descendent simplement dans la rue pour l'exprimer ?
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