À Yamoussoukro, un forum national de trois jours s'est refermé sur une promesse forte du Médiateur Gaoussou Touré : une feuille de route contre des conflits fonciers qui ont déjà coûté la vie à 16 personnes en 2026.
Publié le 28 septembre 2026 à 09:41 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 18:40

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Seize morts. Quatre mille trois cent quatre-vingt-seize conflits recensés en neuf mois. Plus de deux mille villages où la terre a cessé d'unir pour devenir un motif de rupture.
C'est ce bilan, rendu public par le ministère de l'Intérieur et relayé par Linfodrome, qui a servi de toile de fond au Forum national sur la médiation et la gouvernance foncière, tenu du 24 au 26 septembre à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. En Côte d'Ivoire comme ailleurs sur le continent, la terre n'est jamais un simple actif : elle porte l'histoire des familles, la mémoire des migrations internes et, trop souvent, les lignes de fracture entre autochtones et venus d'ailleurs.
Devant un parterre d'autorités coutumières, d'administrateurs et de représentants de la société civile, le Médiateur de la République Gaoussou Touré a résumé l'enjeu en une formule que rapporte l'AIP : la terre est « un patrimoine, une identité, un héritage familial ». Il a rappelé que la médiation « ne se substitue ni à l'administration ni à la justice », mais reste « un espace privilégié d'écoute, d'apaisement, de réconciliation ».
D'après AfrikSoir, il a pointé l'urbanisation galopante, la pression démographique et la coexistence tendue entre droits coutumiers et règles modernes comme moteurs de la multiplication des différends. Le Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, qui plaçait le forum sous son haut patronage, a lui aussi insisté sur le dialogue, confirme Abidjan.net. En clôture, Gaoussou Touré a promis que les conclusions « ne sauraient demeurer sans suite » et a annoncé une feuille de route.
Sur un continent où l'accès à la terre conditionne l'agriculture, l'urbanisation et jusqu'à la paix civile, la Côte d'Ivoire teste une hypothèse simple. Et si la médiation coûtait moins cher, humainement, que le silence administratif ?
D'ici 2050, avec une population appelée à doubler, la question foncière décidera peut-être plus que n'importe quel scrutin de la cohésion du pays.
Cette feuille de route changera-t-elle vraiment le sort des villages où la terre tue encore ?
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