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Le 30 avril 2026, le Mali rendait hommage au général Sadio Camara, ministre de la Défense tué le 25 avril. Élevé à titre posthume au grade de général d'armée. Goïta préside sous pression. Mais Kidal est perdue et le blocus de Bamako est actif.
Publié le 1 mai 2026 à 10:05 UTC+0
Le 30 avril 2026, le Mali rendait hommage à Sadio Camara dans une cérémonie officielle à Bamako, présidée par Assimi Goïta. Le ministre de la Défense tué par un kamikaze à Kati le 25 avril a été élevé à titre posthume au grade de général d'armée, le grade militaire le plus élevé du pays.
La cérémonie s'est tenue dans une atmosphère lourde. Pour la première fois dans un cadre officiel public depuis les attaques, Goïta apparaissait entouré de son état-major. Son discours a insisté sur la continuité et la résistance : «Les opérations se poursuivront jusqu'à la neutralisation complète des groupes impliqués».
Mais derrière le protocole funèbre, la réalité de la situation est grave. Kidal reste sous contrôle du FLA. Le JNIM a annoncé le blocus de Bamako. Plusieurs villes du nord (Tessit, Ber, Léré, Intahaka) sont passées sous contrôle des groupes armés dans les jours qui ont suivi les attaques. L'Africa Corps a confirmé son retrait de Kidal, Aguelhok et Tessalit.
Sadio Camara était plus qu'un ministre. Il était l'un des architectes du coup d'État de 2021, l'un des piliers du régime Goïta, le visage de la politique de défense de la junte. C'est lui qui avait négocié le partenariat sécuritaire avec la Russie, géré le départ des forces françaises et de la MINUSMA, supervisé la reprise de Kidal en 2023. Sa mort laisse un vide stratégique et politique que la junte peinera à combler rapidement.
Dans toutes les traditions africaines, les funérailles d'un chef sont aussi un moment politique. Goïta en a besoin pour affirmer que son régime est debout, que la mort de Camara ne marque pas l'effondrement du projet de la junte.
Mais les faits restent têtus. Le Mali a perdu son ministre de la Défense, plusieurs villes stratégiques, et son image de forteresse souveraine, tout ça en une semaine.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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