Le Département d'État américain invite Libreville à publier des données complètes sur l'endettement de ses principales sociétés d'État.
Publié le 21 août 2026 à 16:58 — mis à jour le 3 octobre 2026 à 14:57

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Combien doivent réellement les entreprises publiques gabonaises ? Personne, à ce jour, n'a la réponse exacte. Dans son rapport 2026 sur la transparence fiscale, le Département d'État américain classe le Gabon parmi les pays qui ne satisfont pas aux exigences minimales en la matière, faute de données consolidées et régulièrement actualisées sur la dette de ses principales sociétés d'État.
Washington précise que ce constat ne signifie pas, en soi, l'existence d'une dette cachée ou d'une malversation avérée. Mais l'absence de publication rend impossible toute évaluation sérieuse du risque budgétaire réel du pays, un sujet suivi de près par les créanciers et les agences de notation.
Le rapport recommande à Libreville de publier son projet de budget exécutif dans des délais raisonnables, de détailler les allocations versées aux entreprises publiques et les recettes qu'elles génèrent, et de renforcer l'indépendance de la Cour des comptes.
Le gouvernement du président Brice Clotaire Oligui Nguema affirme avoir engagé la bataille. Un audit intégral de la dette publique, couvrant la période 2016-2023, a été lancé en mai 2026 avec l'appui technique du Fonds monétaire international, tandis qu'un comité dédié doit distinguer la dette utile de la dette problématique. L'encours global dépassait déjà 8 500 milliards de FCFA fin 2025, en forte hausse sur un an.
Pour un pays qui cherche à retrouver la confiance des marchés et à renégocier un programme avec le FMI, la transparence n'est pas un exercice comptable accessoire. Elle est la condition d'entrée. Le Gabon peut-il se permettre encore longtemps de gérer ses entreprises publiques dans le flou, à l'heure où l'Afrique se bat pour financer elle-même son développement ?
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