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Après les attaques du Mali, Laurent Gbagbo et le PPA-CI ont réagi en réclamant une force africaine commune antijihadiste sous l'égide de l'UA. Ce positionnement dit quelque chose sur l'opposition ivoirienne et le débat sécuritaire dans le pays.
Publié le 30 avril 2026 à 06:58 UTC+0

Depuis le coup d'État de septembre 2002 en Côte d'Ivoire et son long exil, Laurent Gbagbo a rarement pris position sur les crises sécuritaires régionales. Les attaques du 25 avril au Mali l'ont sorti de ce silence.
Dans une déclaration publiée le 27 avril 2026 par le PPA-CI, son parti, Laurent Gbagbo a condamné les attaques terroristes au Mali et les a qualifiées d'«actes criminels qui visent à déstabiliser l'Afrique de l'Ouest». Mais il a surtout formulé une proposition concrète : la création d'une force africaine commune antijihadiste, placée sous l'égide de l'Union africaine.
Sa formule est politique autant que sécuritaire. En réclamant une force africaine UA, Gbagbo se positionne implicitement contre deux approches dominantes : celle de la CEDEAO, qu'il perçoit comme trop influencée par des intérêts extérieurs, et celle de l'AES, qui a opté pour une rupture avec les institutions africaines classiques.
Gbagbo n'est pas au pouvoir. Son parti, le PPA-CI, est dans l'opposition en Côte d'Ivoire. Mais il reste l'une des figures les plus suivies de la politique africaine francophone, avec une base populaire réelle dans plusieurs pays.
Sa proposition d'une force africaine UA répond à une question que beaucoup de dirigeants africains posent en privé mais n'osent pas formuler publiquement : l'Afrique a-t-elle besoin d'une capacité militaire collective autonome pour faire face au terrorisme, indépendamment des puissances étrangères ?
Guillaume Soro, autre figure de l'opposition ivoirienne, a lui aussi réagi aux attaques maliennes en exprimant ses condoléances et en soulignant les risques pour la CI.
Les attaques du Mali ont provoqué une forme de ressaisissement politique en CI. La frontière nord, les 532 km partagés avec le Mali, ne sont plus abstraits. La question sécuritaire devient une question intérieure, qui traverse les clivages politiques.
C'est rare en politique ivoirienne que l'opposition et le gouvernement soient alignés sur la même préoccupation. Les attaques du Mali ont peut-être momentanément créé cet alignement.
Tu penses que la CI devrait participer à une force africaine antijihadiste ?
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Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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