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Le 23 avril 2026, un incendie a détruit la sous-station de GRIDCo à Akosombo, coupant 1 000 MW du réseau ghanéen. Résultat : suspension immédiate et totale des exportations d'électricité vers le Togo, le Bénin et le Burkina Faso. Le «Dumsor» est de retour.
Publié le 29 avril 2026 à 18:33 UTC+0

Le 23 avril 2026 à 14h01, un incendie s'est déclenché dans la sous-station de la Ghana Grid Company Limited (GRIDCo) à Akosombo, dans la région Est du Ghana. En quelques heures, le barrage le plus stratégique d'Afrique de l'Ouest perdait entre 720 et 1 000 mégawatts, soit environ un quart de la capacité de production nationale.
Akosombo n'est pas une centrale parmi d'autres. Construite sur le fleuve Volta entre 1961 et 1965 sous la présidence de Kwame Nkrumah, c'est l'une des plus grandes retenues d'eau artificielles du monde et la colonne vertébrale du système électrique ghanéen. L'installation touchée assurait à elle seule près de 70% de la capacité de transport du complexe.
La salle de contrôle a été entièrement ravagée par les flammes. Les dégâts structurels ont déclenché des arrêts automatiques en cascade. Résultat : des coupures immédiates dans plusieurs régions du pays et le retour redouté du «Dumsor» terme populaire en langue twi qui désigne littéralement «éteindre-allumer» et décrit les coupures cycliques qui ont paralysé l'économie ghanéenne pendant de longues périodes dans les années 2010.
Dès le 24 avril, le porte-parole du ministère de l'Énergie, Richmond Rockson, a annoncé la décision sur Joy FM : suspension immédiate et totale des exportations d'électricité vers le Togo, le Bénin et le Burkina Faso. Sa formule résume l'état d'esprit du gouvernement : «Dès que vous avez un problème au niveau national, vous prenez soin de votre maison d'abord.»
Le Ghana est devenu ces dernières années l'un des principaux exportateurs nets d'électricité de la sous-région, avec 2 527 GWh expédiés en 2023, soit 10% de sa production totale. Ces exportations se font dans le cadre du West African Power Pool (WAPP). Le Togo importe normalement entre 40 et 60% de sa consommation depuis le Ghana.
La décision ghanéenne est compréhensible. Mais elle expose une vulnérabilité structurelle que l'intégration régionale n'a pas encore corrigée : quand le principal fournisseur éternue, trois économies s'enrhument. Le Bénin, le Togo et le Burkina Faso n'ont pas de capacité de production suffisante pour absorber immédiatement ce déficit.
L'Afrique de 2050 ne peut pas être une puissance économique si elle ne contrôle pas son énergie. Et cette leçon commence à Akosombo.
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