Le cedi a perdu plus de 11% face au dollar depuis janvier 2026, une chute qui renchérit les importations ghanéennes et réduit la valeur réelle des transferts envoyés par la diaspora.
Publié le 15 octobre 2026 à 09:43 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 08:16

Deux cents dollars envoyés d'un salon à Londres. À l'arrivée, à Accra, ils achètent aujourd'hui moins de riz, moins d'essence, moins de tout qu'en janvier. La diaspora ghanéenne vient de perdre, sans bouger un centime, plus d'un dixième de son pouvoir d'achat.
Le cedi a perdu plus de 11% de sa valeur face au dollar américain depuis janvier 2026, sous la pression de la demande d'importation et de la hausse des coûts énergétiques, selon Citinewsroom.
Le taux de référence de la Banque du Ghana est ainsi passé d'environ 10,45 GHS pour un dollar fin décembre 2025 à près de 11,78 GHS la semaine dernière. Un retournement brutal, un an après une appréciation spectaculaire de près de 41% en 2025. Pour un pays où les transferts de la diaspora pèsent plusieurs milliards de dollars chaque année, ce n'est pas une ligne de tableau Excel, c'est une facture d'épicerie qui grimpe.
D'après ModernGhana, le dollar s'échangeait le 13 octobre à 12,30 GHS dans les bureaux de change, un écart de près d'un demi cedi avec le taux interbancaire officiel, celui que le citoyen ordinaire ne voit jamais.
Relayé par Rio Times Online, l'analyse pointe une pression avant tout conjoncturelle : les importateurs achètent des dollars pour reconstituer leurs stocks de fin d'année, pendant que la facture énergétique se paie, elle aussi, en devises. GoldBod, l'organisme public de commercialisation de l'or, a vendu 255 millions de dollars aux banques depuis début octobre, avec un objectif d'un milliard, pour tenter de freiner la chute.
Le cedi n'est pas un cas isolé. D'ici 2050, les diasporas africaines enverront des dizaines de milliards de dollars chaque année vers un continent qui importe toujours l'essentiel de son énergie et d'une partie de son alimentation.
Tant que la valeur de la monnaie locale dépendra davantage des ventes d'or d'un trimestre que d'une base productive solide, la souveraineté monétaire restera un slogan plus qu'une réalité.
Le Ghana doit-il miser sur ses réserves d'or pour défendre sa monnaie, ou s'attaquer enfin à sa dépendance structurelle aux importations ? La diaspora, elle, a déjà sa réponse. Et vous ?
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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