Clydestone Ghana assigne MTN Ghana, MTN Group et MobileMoney Fintech devant la Haute Cour d'Accra, affirmant que le géant télécoms a bâti son empire de paiement mobile sur un travail jamais payé depuis 2007.
Publié le 3 août 2026 à 14:25 — mis à jour le 22 septembre 2026 à 23:38

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Dix-neuf ans de silence, et puis un procès. Voilà comment on pourrait résumer ce qui oppose désormais Clydestone Ghana à MTN devant la Commercial Division de la Haute Cour d'Accra.
Selon la plainte déposée le 27 juillet, Clydestone affirme avoir conçu en 2007, à la demande de MTN Ghana, un modèle commercial complet pour le lancement d'une activité de paiement mobile : architecture opérationnelle, méthodologie de mise en œuvre, business case dans son ensemble, précise ITWeb Africa.
L'entreprise, cotée à la Bourse du Ghana, affirme que ce travail devait être encadré par un accord de non-divulgation qui n'a, selon elle, jamais été signé malgré des demandes répétées. Résultat, selon Clydestone : des éléments de cette architecture ont servi de socle à MTN Mobile Money Ghana, lancé en 2009, avant d'être répliqués sur plusieurs autres marchés africains, rapporte Graphic Online.
Le déclencheur du procès est éloquent. Paul Jacquaye, fondateur et PDG de Clydestone, explique que c'est la publication du rapport annuel 2025 de MTN Ghana (19,3 millions d'utilisateurs actifs, environ 516 millions de dollars de revenus) qui a permis de mesurer, pour la première fois, l'ampleur réelle du système en cause, selon Connecting Africa et Asaase Radio. MTN Ghana, de son côté, rejette entièrement les allégations et annonce vouloir contester la procédure devant les tribunaux, assurant qu'elle n'affecte ni ses opérations ni ses services de paiement mobile.
Un service utilisé chaque jour par des millions de Ghanéens, et dont l'origine intellectuelle serait aujourd'hui contestée devant un juge. C'est toute la question de la propriété intellectuelle dans la tech africaine qui se rejoue ici, à l'heure où le mobile money pèse des milliards sur le continent.
Combien d'autres success stories fintech africaines reposent, sans qu'on le sache encore, sur un travail jamais reconnu ni rémunéré ?
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