À Savelugu, dans le Nord du Ghana, le président Mahama inaugure Northshore Apparel, une usine textile zéro déchet de 10,2 millions d'euros censée créer des milliers d'emplois loin des pôles économiques du Sud.
Publié le 29 août 2026 à 10:41 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 05:29

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Dans les salles de couture flambant neuves de Savelugu, dans le Nord du Ghana, des élèves de l'école pour sourds de la ville apprennent à manier l'aiguille industrielle aux côtés de jeunes recrutées dans les villages environnants. Voilà le visage que le président John Mahama a choisi de mettre en avant ce 28 août 2026, en inaugurant Northshore Apparel Ghana Limited, présentée comme la première usine textile régénérative et zéro déchet du pays. Zéro déchet, et surtout zéro promesse creuse, insiste le gouvernement.
Depuis l'indépendance, l'industrie ghanéenne s'est concentrée à Accra, Tema et Kumasi, laissant le Nord dans une pauvreté structurelle que le Mécanisme africain d'évaluation par les pairs a lui-même pointée du doigt, rapporte Ghanamma.com. Ici, 10,2 millions d'euros ont été réunis par la banque publique Ghana EXIM, la banque allemande de développement KfW et la Banque agricole ghanéenne pour bâtir plus de 5 000 mètres carrés d'espace de production, adossés à un vaste entrepôt de matières premières, précise Ghanaian Times.
Conçue pour offrir plus de 1 600 emplois directs, l'usine en revendique déjà plus de 2 300 selon Ghanamma, avec l'ambition, confirmée par The Herald Ghana, de porter à terme le pôle industriel de Savelugu à 30 000 emplois pour des jeunes qui, sinon, auraient migré vers le Sud à la recherche d'un salaire.
« C'est un exemple de ce que notre vision, l'économie des 24 heures dans chaque ville, est censée accomplir », a déclaré le président Mahama, selon Ghanamma.com. The Herald Ghana confirme que le projet illustre la volonté du gouvernement de décentraliser l'industrie manufacturière au-delà des pôles commerciaux traditionnels du pays.
C'est là que se joue une partie de l'avenir économique du continent : une Afrique qui, d'ici 2050, cesse de bâtir une seule capitale florissante en négligeant le reste du territoire, et qui apprend enfin à irriguer ses régions oubliées plutôt qu'à concentrer sa croissance dans un unique port ou une unique métropole.
Le Nord du Ghana peut-il devenir un modèle pour les régions enclavées de toute l'Afrique de l'Ouest, ou restera-t-il l'exception qui confirme la règle de la capitale qui aspire tout ?
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