Convocation en personne, aucune excuse tolérée. Au Jubilee House, John Mahama a rassemblé tous les chefs des agences de sécurité pour colmater les failles qui font du Ghana un carrefour du trafic de drogue ouest-africain.
Publié le 18 septembre 2026 à 10:42 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 05:29

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Midi pile, ce 17 septembre, au Jubilee House. Pas de photo protocolaire, pas de sourire de façade : John Mahama a convoqué à Accra tous les chefs des agences de sécurité du pays, et la consigne était sans ambiguïté, présence en personne obligatoire, aucun adjoint ne pouvait remplacer son patron.
Selon la Ghana News Agency, la rencontre visait à muscler la protection des frontières et à endiguer le trafic de drogue qui transite par les ports, les aéroports et les postes-frontières terrestres du pays. Chaque institution devant évaluer publiquement ses propres failles avant de proposer des mesures de coordination interagences.
Le Ghana ne peut plus se permettre des silos entre douanes, police, marine et immigration pendant que les cargaisons continuent de passer.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Le Ghana n'est pas un pays producteur de cocaïne, mais sa position sur le golfe de Guinée en fait un point de transit privilégié entre l'Amérique latine et l'Europe. Un port comme Tema, un aéroport comme Kotoka, une frontière poreuse avec le Togo ou la Côte d'Ivoire : chaque maillon faible profite à des réseaux qui, eux, n'ont ni frontières ni états d'âme.
Et l'Afrique de l'Ouest entière est concernée. Guinée-Bissau, Sénégal, Nigeria : la route de la drogue ne s'arrête jamais à une frontière nationale, elle s'adapte à la première faille venue. Une réunion d'urgence à Accra dit une vérité que peu de dirigeants admettent aussi frontalement, la sécurité frontalière africaine reste pensée pays par pays quand la criminalité, elle, pense déjà régional.
D'ici 2050, ce sera l'un des tests de la souveraineté du continent, coordonner ces agences au-delà des egos institutionnels et des frontières héritées de la colonisation. Le Ghana vient de siffler le début de partie.
Et si Accra ne parvient pas à faire tenir ses propres agences autour d'une même table, qui, dans la sous-région, y parviendra ?
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