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Après 72h de silence, Assimi Goïta a pris la parole sur l'ORTM le 28 avril. Il annonce la victoire, appelle au sursaut patriotique mais sans bilan, sans mention de Kidal perdue. Et son premier geste avait été de recevoir l'ambassadeur russe.
Publié le 29 avril 2026 à 06:54 UTC+0

Trois jours de silence. Trois jours pendant lesquels un pays entier s'interrogeait sur où était son président. Ce mardi 28 avril 2026 au soir, Assimi Goïta a finalement pris la parole sur les ondes de l'ORTM, la télévision nationale malienne.
Son discours était construit sur trois piliers. Premièrement, la victoire : Goïta a assuré qu'«un violent coup d'arrêt a été donné aux assaillants» et que «le plan funeste de l'ennemi a été déjoué». Deuxièmement, la continuité : «la situation est maîtrisée», les Forces armées maliennes poursuivent leurs opérations jusqu'à la «neutralisation complète» du JNIM et du FLA. Troisièmement, l'appel à l'unité : il a demandé aux Maliens un «sursaut patriotique», présentant les attaques comme des obstacles sur la voie du redressement national.
Notablement absent du discours : aucun bilan officiel des victimes civiles et militaires. Aucune précision sur l'ampleur des pertes territoriales. Aucune mention de Kidal, désormais sous contrôle du FLA. Le président a parlé de victoire sans définir ce qu'il avait gagné.
Le vrai signal politique de la journée n'était pas dans les mots de Goïta — c'était dans le choix de son premier interlocuteur officiel depuis les attaques. Avant de s'adresser à son propre peuple, Goïta avait reçu l'ambassadeur de Russie, Igor Gromyko, au palais de Koulouba. La réunion a porté sur la situation sécuritaire et le partenariat militaire Bamako-Moscou. En clair : le premier mouvement de Goïta après la crise a été de rassurer la Russie, pas les Maliens.
Ce choix de séquence dit quelque chose sur la nature du pouvoir à Bamako. L'allié russe, dont les soldats n'ont pas vu venir les attaques et dont la base de Sévaré a été ciblée, reste le partenaire que la junte doit rassurer en priorité.
La réapparition de Goïta clôt le chapitre des spéculations sur sa situation physique. Mais elle n'efface pas les questions de fond. Kidal est perdue. Le ministre de la Défense est mort. Le chef d'état-major a été blessé. L'UNTM a annulé les festivités du 1er mai par solidarité nationale.
Un discours ne reconstruit pas une armée. Et une victoire proclamée sans bilan chiffré reste une victoire politique, pas une victoire militaire.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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