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Avant de s'adresser à la nation, Goïta a reçu l'ambassadeur russe Igor Gromyko au palais de Koulouba. Ce choix de séquence rassurer Moscou avant de parler aux Maliens dit beaucoup sur la fragilité du partenariat Mali-Russie après les attaques du 25 avril.
Publié le 29 avril 2026 à 07:22 UTC+0

Le 25 avril 2026, le Mali subissait les pires attaques depuis le coup d'état de 2021. Le 28 avril, pendant que le pays était encore en état de choc, la junte envoyait un signal diplomatique : Assimi Goïta recevait l'ambassadeur de Russie Igor Gromyko au palais de Koulouba.
Ce geste dit beaucoup et pose une question fondamentale.
Goïta a fait un choix de séquence lourd de sens. Sa première sortie officielle post-attaque n'était pas un discours à la nation (venu plus tard dans la soirée), ni une réunion de crise avec son état-major. C'était une audience avec le représentant du pays dont les soldats sont censés protéger le Mali et qui n'ont pas vu venir les attaques.
Selon les informations disponibles, les discussions ont porté sur la situation sécuritaire et sur la «continuité du partenariat militaire». Pas de bilan public. Pas de conférence de presse conjointe. Un entretien feutré.
Pour Moscou, ce rendez-vous était nécessaire. Le Corps africain (ex-Wagner) sort de cette crise avec son image sérieusement abîmée. Sa base de Sévaré a été ciblée. Ses soldats n'ont pas anticipé les attaques. Les rebelles du FLA ont même appelé la Russie à «reconsidérer son soutien à la junte». Ce n'est pas anodin : les ennemis de la junte s'adressent directement à Moscou, court-circuitant Bamako.
Le partenariat Mali-Russie n'est pas seulement militaire. Il est politique et symbolique. La junte a construit une partie de sa légitimité interne sur le rejet de la France et l'alternative russe. Remettre en cause ce partenariat après les attaques serait un aveu de faiblesse que Goïta ne peut pas se permettre.
Mais maintenir ce partenariat sans changement, après la démonstration des limites de la protection russe, serait une stratégie risquée à long terme. L'alliance AES ( Mali, Burkina, Niger) observera attentivement comment Bamako gère cette contradiction.
Moscou peut-elle encore être un partenaire de sécurité crédible pour le Mali ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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