Un rapport du Partnership for Digital Access in Africa et de la GSMA révèle que 900 millions d'Africains vivent sous couverture 3G ou 4G sans jamais se connecter à Internet, faute de moyens ou d'électricité.
Publié le 22 septembre 2026 à 11:42 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 16:43

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Le réseau existe. Le signal est là, souvent en 4G. Et pourtant, neuf cents millions d'Africains ne s'en servent jamais pour aller sur Internet.
Selon un rapport publié par le Partnership for Digital Access in Africa (PDAA) et la GSMA, 906 millions d'Africains, soit environ 60 % de la population du continent, vivent dans des zones couvertes par la 3G ou la 4G sans jamais se connecter, faute de moyens ou d'infrastructures complémentaires.
Semafor, qui a consulté l'étude, précise que 122 millions d'autres Africains n'ont même pas accès à un réseau mobile haut débit. D'après Engineering News, réduire de moitié cet écart d'usage dans seulement trois pays, l'Éthiopie, le Nigeria et la République démocratique du Congo, suffirait à connecter 170 millions de personnes supplémentaires.
Le rapport cite le Niger, le Rwanda et l'Ouganda parmi les marchés où l'écart entre couverture et usage réel est le plus sévère, souvent parce qu'un smartphone représente plusieurs semaines de revenu pour un foyer rural, ou parce que le réseau électrique nécessaire pour recharger un téléphone n'atteint jamais le village pourtant couvert par l'antenne.
« Si nous rassemblons connectivité, électrification, appareils abordables et compétences numériques, nous pourrons faire en sorte que la transformation numérique du continent n'oublie aucune communauté », affirme Ellen Johnson Sirleaf, coprésidente du PDAA et ancienne présidente du Liberia. John Giusti, de la GSMA, insiste de son côté sur la nécessité de rendre les terminaux abordables tout en formant les usagers, pour que la connexion se traduise en valeur réelle plutôt qu'en simple couverture théorique.
Imaginez l'Afrique de 2050 si cet écart n'est jamais comblé : un continent qui porterait la majorité démographique du monde resterait spectateur d'une économie numérique qu'il ne pourrait ni consommer ni produire, faute d'avoir résolu, des décennies plus tôt, l'équation la plus simple, celle de l'électricité et du prix d'un téléphone.
À l'inverse, un milliard d'Africains connectés d'ici 2030 poserait les bases d'un marché intérieur numérique capable de rivaliser avec n'importe quelle autre région du monde.
Entre étendre le réseau, baisser le prix des smartphones et garantir l'électricité, quelle priorité les gouvernements africains devraient-ils financer en premier avec des moyens toujours limités ?
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