Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Depuis le 28 février 2026, la guerre impliquant l'Iran a fait bondir le pétrole de +50%. Pour 39 pays africains importateurs nets, la facture est directe : carburant, inflation, engrais. La BAD alerte sur une perte de 0,2 point de PIB.
Publié le 13 avril 2026 à 18:09 UTC

Tu n'es pas au Moyen-Orient. Mais depuis le 28 février 2026, ce qui se passe là-bas sort directement de ta poche.
Ce jour-là, une escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l'Iran déclenchait une guerre dont les effets ont immédiatement traversé les océans. Le prix du baril de pétrole a bondi de plus de 50 % depuis le début du conflit. Le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20 % du pétrole mondial, est perturbé. Et pour 39 des 54 pays africains (importateurs nets de pétrole) la note est salée.
Voilà ce que ça donne dans ta vie de tous les jours : au Kenya et en Éthiopie, les prix du carburant ont grimpé de 15 % en une semaine. L'inflation tourne désormais autour de 10-12 % dans ces pays selon Bloomberg. En Afrique de l'Ouest, les prix des produits importés augmentent. Les engrais (dérivés du gaz) ont pris 50 %, ce qui menace directement la campagne agricole 2026-2027 pour des millions de petits agriculteurs sahéliens.

Le paradoxe africain est cruel. Les pays exportateurs de pétrole (Nigeria, Angola, Gabon, Congo) récoltent à court terme des recettes supplémentaires. Mais même eux dépendent des importations de produits raffinés. Le Nigeria, premier producteur africain, reste dépendant de l'essence importée faute de capacités de raffinage. Gagner plus sur le brut pour payer plus à la pompe : l'absurdité de la désindustrialisation africaine résumée en une phrase.
La Banque africaine de développement, l'Union africaine, le PNUD et la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique ont publié début avril un rapport conjoint : le continent pourrait perdre 0,2 point de croissance du PIB en 2026 si le conflit se prolonge au-delà de six mois.

Cette crise pose une question que l'Afrique repousse depuis des décennies : pourquoi dépend-elle encore aussi massivement de ressources extérieures pour fonctionner ? L'énergie solaire, le raffinage local, l'agriculture indépendante des engrais importés ; c'est le programme de souveraineté dont l'Afrique de 2050 a besoin. Chaque choc extérieur devrait renforcer cette urgence.
#GuerreIranAfrique #SouverainetéÉnergétique #EconomieAfrique
Source Couverture : AFP
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…