Les Bissau-Guinéens ont voté dimanche pour une nouvelle Constitution qui renforce les pouvoirs présidentiels et réduit le Parlement de 102 à 65 sièges. L'opposition dénonce un scrutin illégal.
Publié le 31 août 2026 à 13:10 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 02:21

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Une question, un bulletin, et un basculement institutionnel. Dimanche 30 août, les Bissau-Guinéens étaient appelés à approuver ou rejeter une nouvelle Constitution qui transforme en profondeur l'équilibre des pouvoirs du pays.
Le texte, adopté par le Conseil national de transition mis en place par la junte au pouvoir depuis novembre 2025, donne au président le pouvoir de nommer et révoquer le Premier ministre et le gouvernement, et de dissoudre le Parlement.
Ce dernier passerait de 102 à 65 députés, et le pays de 29 à 12 districts, une réduction présentée comme une mesure d'économie budgétaire.
La Commission électorale annonce 55 % de participation. L'opposition conteste ce chiffre et parle d'une « affluence limitée », en particulier dans la capitale Bissau, selon Bénin Web TV. Elle dénonce une réforme « anticonstitutionnelle et illégale », portée par un pouvoir non élu, et avait appelé au boycott. Aucun observateur international ou indépendant n'était présent pour certifier le scrutin.
Du côté du pouvoir, on assume. Aladje Botche Candé, conseiller du Premier ministre, a défendu une réforme censée « stabiliser les institutions et réduire les tensions » entre présidence et primature. La sécurité a été renforcée sur tout le territoire, avec une levée partielle des restrictions de circulation dans l'après-midi pour faciliter l'accès aux bureaux de vote.
Ce référendum s'inscrit dans une tendance régionale qui inquiète : des juntes qui taillent, l'une après l'autre, des Constitutions sur mesure pour verrouiller un pouvoir déjà pris par la force. Des élections générales pour un retour à un pouvoir civil restent programmées le 6 décembre.
Un régime présidentiel fort peut-il vraiment stabiliser un pays, ou ne fait-il que repousser la prochaine crise ?
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