La demande de restitution des restes de Bokar Biro s'inscrit dans une vague plus large de revendications mémorielles africaines.
Publié le 6 août 2026 à 11:12 — mis à jour le 21 septembre 2026 à 18:34

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Un roi décapité en 1896, sa tête jamais rendue à sa terre. Cent trente ans plus tard, la Guinée a décidé de rouvrir ce dossier avec la France.
Le ministre guinéen de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a déposé une demande officielle de restitution du crâne de Bokar Biro, dernier Almamy du royaume théocratique du Fouta-Djalon, tombé lors de la bataille de Pétel-Djiga face aux troupes coloniales françaises. La requête concerne également les restes de trois de ses proches.
Cette démarche n'est pas isolée. Depuis la mi-juin 2026, une délégation guinéenne conduite par le même ministre a déjà multiplié les visites au Musée de l'Armée à Paris pour examiner d'autres pièces du patrimoine national, notamment le Coran personnel de l'almamy Samory Touré, conservé dans les réserves parisiennes depuis la fin du XIXe siècle. C'est la première démarche officielle de ce type depuis 1968, année où le président Ahmed Sékou Touré avait lui-même réclamé le retour du Coran, du sabre et du boubou de Samory Touré.
Le contexte juridique a changé en faveur de ces demandes. La France a adopté en mai 2026 une loi-cadre destinée à faciliter la restitution de biens culturels et de restes humains issus des collections coloniales, sans qu'une loi spécifique soit nécessaire pour chaque cas. Un précédent existe déjà : en août 2025, Paris a restitué à Madagascar le crâne présumé du roi sakalava Toera et de deux de ses guerriers.
Le ministre guinéen a lui-même choisi la voie du dialogue plutôt que du rapport de force, parlant d'une diplomatie culturelle fondée sur le respect mutuel. Reste que pour beaucoup de Guinéens, ce dossier dépasse la diplomatie : c'est une question de dignité et de mémoire, tant que les restes d'un roi tombé en résistance dorment encore loin de sa terre.
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