La Haute Autorité de la communication a retiré l'autorisation de diffusion de France 24 sur tout le territoire guinéen. En cause, le mot « putschiste » employé pour qualifier Mamadi Doumbouya.
Publié le 18 septembre 2026 à 10:38 — mis à jour le 27 septembre 2026 à 19:03

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Un mot. Un seul mot a suffi pour faire taire une chaîne internationale sur tout le territoire guinéen. Ce 17 septembre, France 24 a purement et simplement disparu des écrans, victime d'une décision qui ne laisse aucune place à la nuance.
Guinée7 rapporte que la Haute Autorité de la communication a retiré, par décision n°032/HAC/P/2026, l'autorisation de diffusion de la chaîne, lui reprochant d'avoir qualifié de « putschiste » le chef de l'État Mamadi Doumbouya.
Guinée360 précise qu'une mise en demeure avait pourtant été envoyée la veille, le 16 septembre, sans effet suffisant aux yeux du régulateur. La HAC est allée jusqu'au bout de sa logique : retrait des accréditations des correspondants, injonction à l'ARPT de bloquer sites, streaming et applications, ordre donné à Canal+ Guinée de couper le signal sur-le-champ. France 24 aurait depuis reconnu une erreur de terminologie et corrigé son antenne, un geste qui n'a rien changé à la sanction.
Le mot dérange, c'est un fait. Mais couper l'accès à une chaîne pour un choix de vocabulaire pose une autre question, bien plus lourde : celle de la place que les autorités de transition laissent au regard extérieur sur leurs propres pratiques. La Guinée n'est pas un cas isolé. Du Mali au Burkina Faso, la même tentation traverse les régimes issus de coups d'État, contrôler le récit plutôt que débattre du fond.
D'ici 2050, la capacité du continent à faire coexister souveraineté et pluralisme médiatique dira beaucoup de la solidité de ses démocraties, transitoires ou non. Un pouvoir sûr de sa légitimité n'a pas besoin de couper un signal pour exister.
La liberté de la presse s'arrête-t-elle là où commence la susceptibilité d'un chef d'État ?
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