Enlevé samedi à Conakry par des hommes cagoulés en tenue de gendarmerie, l'enseignant et militant reste introuvable. Aucune autorité n'a confirmé son arrestation, ni indiqué où il se trouve.
Publié le 11 août 2026 à 08:25 — mis à jour le 17 septembre 2026 à 00:34

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Un enseignant appelle une épouse. « Ton mari vient d'être enlevé dans son école. » C'est ainsi qu'Ami Bah a appris, samedi 8 août 2026, la disparition de son mari, l'activiste guinéen Bella Bah, fondateur d'un établissement secondaire privé dans la haute banlieue de Conakry. Depuis, plus rien, selon Jeune Afrique.
Les faits, tels que racontés par des témoins cités par Jeune Afrique : des hommes en tenue de gendarmerie nationale, cagoulés, arrivés à bord de pick-ups, ont fait irruption dans l'école. Bella Bah a été « traîné dehors et embarqué de force ». Le mouvement citoyen Tournons La Page-Guinée confirme la scène et parle sans détour d'un « enlèvement », exigeant la localisation immédiate du militant et l'information de sa famille.
À ce stade, aucune autorité guinéenne n'a reconnu avoir interpellé l'activiste, ni précisé les motifs de son arrestation présumée, ni indiqué son lieu de détention, rapportent à la fois Jeune Afrique et le site guinéen Courrier Régional. « Je ne sais pas à quel saint me vouer », a confié Ami Bah, se disant « traumatisée ».
La disparition survient quelques heures après une publication Facebook dans laquelle Bella Bah critiquait sévèrement le premier imam de la Grande Mosquée Fayçal, qu'il accusait d'être la « caution morale » de l'injustice subie par les Guinéens sous le régime du président Mamadi Doumbouya, précise Courrier Régional. Face aux réactions suscitées, l'activiste avait pourtant retiré son message.
Un homme disparaît après avoir critiqué un dignitaire religieux, et personne, du côté de l'État, n'a un mot à dire. Combien de temps la Guinée peut-elle rester silencieuse face à une telle interpellation ?
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