L'ancien Premier ministre guinéen et opposant historique Sidya Touré s'est éteint le 25 septembre à Paris, à 81 ans, loin d'un pays qu'il n'avait plus revu depuis le coup d'État de 2021.
Publié le 28 septembre 2026 à 09:44 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 11:03

Ecouter l'article
81 ans. Une vie entière donnée à la Guinée. Et une mort loin d'elle, dans une chambre de l'Hôpital Américain de Paris.
Sidya Touré s'est éteint le vendredi 25 septembre, confirme Africanews. L'homme qui avait dirigé le gouvernement guinéen de juillet 1996 à mars 1999, sous la présidence de Lansana Conté, s'était mué en opposant infatigable dès 2000, à la tête de l'Union des forces républicaines.
Deux fois candidat à la magistrature suprême, en 2010 et en 2015, il n'avait jamais accédé au pouvoir qu'il avait pourtant exercé depuis les coulisses de la primature.
L'exil, lui, l'a rattrapé après le coup d'État de septembre 2021. Selon l'agence de presse sénégalaise APS, Sidya Touré vivait réfugié en Côte d'Ivoire avant d'être transféré à Paris pour des soins, où il a passé ses deux dernières semaines hospitalisé.
Guineematin, qui a recueilli les réactions à Conakry, rapporte que l'ancien Premier ministre Kabiné Komara a salué sa mémoire, tandis que l'ancien président Alpha Condé loue un homme de conviction et de rigueur, regrettant qu'il ait enduré l'épreuve de l'exil. Cellou Dalein Diallo, chef de l'UFDG et rival électoral de toujours, dit perdre un compagnon de la route et de la lutte. Pour l'actuel Premier ministre, cité par Africanews, Touré restera un réformateur pragmatique.
Car c'est bien cela, le fil rouge de trois décennies guinéennes : des hommes qui se sont combattus dans les urnes finissent par se retrouver, une fois l'un d'eux disparu, dans le même chagrin. L'UFR elle-même a été dissoute en mars, parmi quarante partis rayés de la carte politique par le pouvoir de Mamady Doumbouya.
D'ici 2050, la Guinée comptera parmi les nations les plus jeunes du continent. Elle héritera aussi de cette question non résolue : peut-on bâtir une démocratie stable sur des générations d'opposants morts en exil plutôt qu'au pouvoir ?
Combien de Touré encore faudra-t-il perdre loin de Conakry avant que l'alternance cesse d'être un pari mortel ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…