L'ancien avocat général près la Cour suprême de Guinée a été révoqué puis radié après la fuite d'un enregistrement le liant à l'opposant en exil Cellou Dalein Diallo.
Publié le 22 août 2026 à 14:08 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 02:40

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Un enregistrement sonore, une voix reconnaissable, et une carrière judiciaire qui s'effondre en quelques jours. Algassimou Diallo, figure connue pour avoir mené les poursuites du procès du 28 septembre 2009 contre Moussa Dadis Camara, vient d'être révoqué du corps de la magistrature guinéenne.
Tout commence le 18 août 2026, quand le garde des Sceaux Ibrahima Sory II Tounkara suspend le magistrat pour des faits qu'il qualifie, à la télévision nationale, de peu catholiques. Selon Africaguinee et Guinee7, l'affaire porte sur la fuite d'un enregistrement où Diallo échange avec un homme présenté comme Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre et opposant en exil dont le parti, l'UFDG, a été dissous. Le Conseil supérieur de la magistrature l'accuse d'avoir comploté sur fond de considérations ethniques et politiques.
Le 20 août, le Conseil de discipline prononce la révocation, retenant des manquements graves à l'honneur de la profession. Le lendemain, deux décrets présidentiels achèvent la sanction : radiation définitive du corps des magistrats et retrait du grade de Commandeur de l'Ordre national du Mérite, distinction qui lui avait pourtant été décernée en mars 2026 pour son rôle dans le procès historique de 2009.
Au-delà du cas individuel, cette affaire questionne l'indépendance de la justice guinéenne face au pouvoir exécutif, et la place laissée à l'opposition en exil dans le débat national.
Un magistrat qui a jugé les crimes d'une junte peut-il, à son tour, être écarté sans que les faits précis lui soient publiquement opposés ?
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