Plus d'une semaine après le crash d'un avion militaire dans les marais d'Igbokoda, dans l'État d'Ondo, les habitants craignent que leur unique source d'eau potable ne soit contaminée par le carburant et les restes humains encore présents sur le site.
Publié le 15 octobre 2026 à 09:43 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 08:17

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À Igbokoda, l'eau qui coule depuis toujours dans les cuisines porte désormais une odeur qu'aucun habitant ne veut nommer. Depuis le crash d'un avion militaire dans le marécage voisin, début octobre, les familles de cette localité de l'État d'Ondo scrutent chaque seau puisé à la rivière comme on scrute un verdict.
Le 5 octobre, un appareil de l'armée de l'air nigériane s'est abîmé dans les marais proches d'Igbokoda, dans la zone d'Ilaje, emportant avec lui plusieurs dizaines de vies. Plus d'une semaine après, selon Tribune Online, les restes humains et le carburant d'aviation n'ont pas tous été retirés du site.
Le roi traditionnel de la localité, l'Oba Afolabi Odidiomo, tire la sonnette d'alarme : cette même rivière, rappelle-t-il, alimente en eau potable toute la communauté.
L'odeur, décrite comme « extrêmement offensante » par le monarque, s'infiltre jusque dans les logements, confirme Vanguard, qui rapporte des témoignages de corps en décomposition flottant près des berges.
Omogbemi Damola, résidente d'un immeuble voisin, affirme la sentir depuis quatre jours sans interruption. Oroyo Levy, un autre habitant, réclame une enquête sur l'impact environnemental de l'accident, redoutant une épidémie qu'une zone déjà pauvre en infrastructures sanitaires ne pourrait pas contenir.
L'affaire, relayée par ThePointNG et reprise dans une synthèse panafricaine d'AllAfrica, pose une question que les armées du continent esquivent trop souvent : qui répare, quand l'uniforme casse quelque chose chez les civils ?
D'ici 2050, les forces armées africaines seront davantage sollicitées, entre crises climatiques, trafics transfrontaliers et catastrophes naturelles.
Igbokoda rappelle qu'aucune mission militaire n'est neutre pour les populations qui vivent sous sa trajectoire, et qu'un continent en quête de souveraineté sanitaire doit se doter de protocoles d'urgence capables d'intervenir en heures, pas en semaines, quand un accident touche l'eau, l'air ou la terre d'une communauté.
Combien de rivières africaines devront encore porter le poids d'une tragédie qu'elles n'ont pas choisie, avant que nos États inscrivent la réparation environnementale dans le réflexe militaire, et pas seulement dans le communiqué de deuil ?
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