Quatre vendeuses de poisson tuées par un camion à Irobo, 285 accidents de moto par trimestre à l'hôpital de Botro : le même samedi, deux scènes d'une même urgence.
Publié le 19 octobre 2026 à 08:25 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 10:59

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Des vendeuses de poisson assises au bord de la route. Un camion de 40 tonnes d'hévéa qui quitte la chaussée. Samedi 17 octobre, à Irobo, le bilan provisoire est de quatre morts et plusieurs blessés, rapporte KOACI. Les circonstances exactes ne sont pas établies, et on ignore pourquoi le conducteur a perdu le contrôle.
Le même jour, à Botro, une autre image.
Anaud Théodore Yao, président de la Fondation AURKO et directeur des affaires financières à l'Inspection générale d'État, offre 300 casques aux conducteurs de deux-roues et de trois-roues. Il explique son geste par un chiffre : l'hôpital de Botro enregistre 285 accidents de moto par trimestre, a indiqué la secrétaire générale de la préfecture, Gnabro Lobri Nicole. « Je suis fils de Botro et les statistiques sont très scandaleuses », dit le donateur, cité par KOACI.
Avant la remise, le commissaire de police Caire Sidibé Aboubacar a rappelé les basiques : permis, assurance, casque, pneus, rétroviseurs, pas d'alcool au guidon. Le thème : « Zéro accident de moto, c'est possible ».
Kouadio Kouassi Jean-Baptiste, président des moto-taxis de la ville, a salué une initiative qui « va nous permettre de nous protéger ». Les bénéficiaires sans permis seront formés par groupes de dix.
Rien de neuf, hélas. Le 5 octobre, neuf personnes avaient péri dans la collision entre un car et un camion-remorque sur l'autoroute du Nord, selon Abidjan.net, citant les sapeurs-pompiers. Les chiffres changent, la scène reste.
Ce qui frappe, ce n'est pas l'accident, c'est qui il touche : les vendeuses installées là où passent les camions, les jeunes qui gagnent leur vie à moto-taxi.
Trois cents casques sauvent des têtes, mais ne réécriront pas le code de la route ni ne protégeront les étals. Pour 2050, une économie qui roule vite doit apprendre à protéger ceux qui vivent à côté du bitume.
Qui doit payer pour mettre les marchés à l'abri des camions ?
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