Alassane Ouattara a nommé le magistrat Fodjo Kadjo Abo à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature, poste vacant depuis la mort de Mamadou Koné en 2024.
Publié le 24 septembre 2026 à 09:00 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 20:37

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Le fauteuil est resté vide pendant plus de deux ans. Depuis la mort de Mamadou Koné en avril 2024, l'institution censée garantir l'indépendance des juges ivoiriens fonctionnait sans président, comme un tribunal privé de son juge le plus important.
Ce vide n'était pas un détail protocolaire. Le Conseil supérieur de la magistrature décide de la carrière et de la discipline de chaque magistrat du pays : sa tête compte parmi les postes les plus sensibles de l'appareil judiciaire ivoirien, dans un pays où la confiance dans la justice reste un chantier permanent.
Le président Alassane Ouattara a signé, le 23 septembre 2026, le décret nommant le magistrat Fodjo Kadjo Abo à la présidence du CSM, rapporte l'Agence ivoirienne de presse (AIP). Jusque-là inspecteur des services judiciaires et pénitentiaires, l'homme est aussi auteur d'une quinzaine d'ouvrages consacrés aux phénomènes sociaux et aux valeurs civiques, précise Yeclo.com. Sa nomination met fin à près de deux ans et demi de vacance à ce poste stratégique, confirme Fraternité Matin, qui souligne le rôle central du Conseil dans la gestion de la carrière et de la discipline des magistrats.
Le profil retenu n'est pas anodin. En choisissant un inspecteur qui a passé sa carrière à surveiller la discipline des juges plutôt qu'un magistrat de tribunal classique, Abidjan envoie un signal : celui d'une volonté affichée de remettre de l'ordre dans une institution dont dépend la crédibilité de l'Etat de droit ivoirien, à un moment où la justice de plusieurs pays voisins est contestée dans la rue.
L'Afrique de 2050 ne se distinguera pas seulement par sa croissance économique, mais par la solidité de ses institutions judiciaires. Un continent où les citoyens font confiance à leurs tribunaux est un continent qui attire l'investissement, retient ses talents et règle ses conflits sans recourir à la rue.
Une justice indépendante est-elle, selon vous, le vrai chantier prioritaire de l'Afrique de demain ?
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