Dans un discours diffusé le 9 octobre, l'ex-président Joseph Kabila accuse Félix Tshisekedi de mener dans l'Est du pays une guerre sans perspective de victoire.
Publié le 11 octobre 2026 à 13:08 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 16:05

« Le Congo est en péril. » La phrase, lancée par l'ex-président Joseph Kabila dans un discours diffusé sur les réseaux sociaux le 9 octobre, résonne comme une déclaration de guerre politique à son successeur.
Ce discours ouvre une fracture rare entre deux présidents congolais, l'un ancien, l'un en exercice, suivie de près par toute la diaspora, et qui expose au grand jour la fragilité institutionnelle d'un pays déjà rongé par la crise sécuritaire à l'Est.
Selon Radio Okapi, Kabila accuse le pouvoir de Félix Tshisekedi de poursuivre dans l'Est une guerre qu'il n'a « ni la volonté ni les moyens de gagner », de ne pas respecter le cessez-le-feu de Doha et de collaborer avec des groupes armés, miliciens Wazalendo et combattants FDLR, tout en bombardant des civils.
D'après Actualite.cd, l'ancien chef de l'État accuse également le régime en place de vouloir réviser la Constitution via un projet de loi référendaire, de réprimer les manifestations d'opposition et de procéder à des arrestations arbitraires de militaires, d'opposants, de journalistes et d'activistes.
D'après les informations de Mediacongo.net, Kabila met aussi en garde contre l'accord minier signé avec les États-Unis, estimant que Tshisekedi se trompe en croyant à un soutien américain inconditionnel. Ce discours prolonge une adresse précédente de mai 2025, un programme en douze points resté, selon lui, sans suite.
Au moins six médias congolais distincts ont relayé cette sortie en quelques heures, preuve que la bataille des mots entre les deux hommes dépasse largement les cercles politiques de Kinshasa pour s'imposer comme un sujet national.
Cette joute entre deux présidents dit quelque chose de plus profond sur la capacité des institutions congolaises à gérer la contestation sans recourir à la répression ni à l'instabilité permanente, un test que la RDC devra réussir pour espérer stabiliser l'Est d'ici le milieu du siècle.
Qui, de l'ancien ou de l'actuel président, porte selon vous la responsabilité de la paix à l'Est du Congo ?
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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