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Le 27 avril 2026, le tribunal criminel d'Abidjan a rendu son verdict dans le procès de l'attentat de Kafolo (juin 2020). 6 condamnations à perpétuité, 17 à 20 ans ferme, 22 acquittements. Le plus grand procès antiterroriste de l'histoire ivoirienne.
Publié le 29 avril 2026 à 18:43 UTC+0

Le 27 avril 2026, après des mois d'audiences et six ans après les faits, le tribunal criminel d'Abidjan a rendu son verdict dans le procès de l'attentat de Kafolo. Six peines de réclusion à perpétuité. Dix-sept condamnations à 20 ans de prison ferme. Vingt-deux acquittements.
Aux alentours de 3 heures du matin, une trentaine d'hommes lourdement armés, venus du Burkina Faso selon les éléments d'enquête, ont pris d'assaut un poste de contrôle mixte armée-gendarmerie à Kafolo, localité de la région du Tchologo, à la frontière nord avec le Burkina Faso. Le bilan officiel fut tragique : 14 soldats ivoiriens tués au champ d'honneur, six blessés.
L'attaque avait été revendiquée par la Katiba Macina, affiliée à Al-Qaïda au Maghreb islamique. Elle marquait une extension inquiétante de la menace terroriste sahélienne vers les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest, jusque-là relativement épargnés. Le signal d'alarme avait été entendu.
Près d'une centaine de personnes avaient été interpellées dans les semaines suivant l'attentat. Après une longue instruction, 45 individus ont finalement comparu devant la section antiterroriste du tribunal d'Abidjan.
Le verdict est net. Les six condamnés à perpétuité sont identifiés comme «les combattants et auteurs directs de l'attaque». Les dix-sept condamnés à 20 ans sont reconnus coupables de «participation à une entente terroriste en vue de commettre des actes terroristes» — ils ont fourni un soutien logistique aux assaillants. Les vingt-deux acquittés ont bénéficié du doute sur leur implication directe.
Pour les familles des 14 soldats tombés, ce verdict apporte ce qu'elles attendaient depuis six ans : une reconnaissance officielle. «C'est la fin d'un long calvaire judiciaire. Même si cela ne ramènera pas nos frères, c'est une reconnaissance de leur sacrifice», a confié un représentant des familles à la sortie de l'audience.
Pour l'État ivoirien, ce procès envoie un message que le procureur a formulé clairement : «un signal fort et sans équivoque à ceux qui tentent de déstabiliser le pays». La réponse ivoirienne au terrorisme n'est pas uniquement militaire — elle est aussi judiciaire.
Ce verdict intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, quelques jours après les attaques coordonnées au Mali. Deux pays voisins, deux réponses différentes face au même ennemi. Le Mali sous les bombes. La Côte d'Ivoire qui juge.
L'Afrique de 2050 sera aussi celle qui dit la loi face au terrorisme. Ce procès en est une démonstration.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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