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Kedjevara marié en séparation de biens : polémique chez les femmes ivoiriennes. Rupture MC One en parallèle. Ce que ces deux affaires disent du mariage, de l'argent et des droits des femmes en Côte d'Ivoire.
Publié le 2 mai 2026 à 11:15 UTC+0

Le 18 avril 2026, à la cathédrale Saint-Paul du Plateau à Abidjan, DJ Kedjevara célébrait son mariage religieux avec Désirée Emma Teyana. Cérémonie fastueuse, mobilisation de toute la communauté «Kedjevaratitude», images qui ont envahi les réseaux sociaux.
Mais un détail a tout fait basculer. Le couple avait choisi le régime de la séparation de biens.
Sur TikTok, Instagram et Facebook, la réaction n'a pas tardé. Des milliers de commentaires, des vidéos de réaction, des débats enflammés. «Il se protège contre sa propre femme», «c'est un manque de confiance dès le départ», «quelle femme accepte ça ?» D'un côté, des femmes qui voyaient dans ce choix une méfiance préalable, une façon de garder ses richesses hors d'atteinte de l'épouse. De l'autre, ceux qui défendaient la rationalité économique de l'artiste.
Kedjevara a répondu directement. Sa justification : il est actif dans l'immobilier. Dans ce secteur, la communauté de biens crée des contraintes administratives lourdes, pour vendre un bien, il faut la signature des deux conjoints. «C'est avant tout une question de sécurité professionnelle, pas de méfiance», a-t-il expliqué sur les réseaux sociaux.
Mais la polémique ne s'est pas arrêtée là. Simultanément, une autre affaire secouait le showbiz ivoirien : la rupture entre Kedjevara et son ancien protégé MC One, le rappeur connu pour «Wana» et «Prudencia». MC One a confirmé publiquement qu'il ne faisait «plus partie de 18 avril production». De son côté, Kedjevara a déclaré que «ce ne serait plus possible» de le reprendre, car il n'a «plus le temps pour la production» en raison de ses investissements immobiliers.
Le promoteur Souleymane Kamagaté est intervenu pour tenter de calmer les esprits. Dans un long message posté le 1er mai, il a appelé MC One à ne pas se laisser entraîner dans une «guerre d'ego», lui rappelant que «grâce à Kedjevara, tu n'étais plus une charge pour ta famille». Un message qui en dit long sur les valeurs culturelles qui régissent les relations dans le milieu artistique ivoirien.
La polémique Kedjevara touche en réalité un nerf très sensible de la société africaine contemporaine : la question des régimes matrimoniaux. En Afrique francophone, la très grande majorité des couples se marient sans contrat, ce qui signifie qu'ils sont automatiquement sous le régime légal en vigueur dans leur pays. En Côte d'Ivoire, c'est la communauté réduite aux acquêts, les biens acquis pendant le mariage sont communs.
Mais de plus en plus d'entrepreneurs, d'artistes et de businessmen choisissent la séparation de biens. Parfois pour des raisons légitimes. Parfois et c'est là que les femmes ont raison d'être vigilantes, pour protéger un patrimoine que l'épouse ne saura peut-être jamais qu'il existe.
L'affaire Khaby Lame, dont les actifs auraient été enregistrés au nom de son père pour les soustraire à une éventuelle procédure de divorce, résonne dans ce débat. Ce ne sont pas des cas isolés.
La vraie question que pose la polémique Kedjevara : est-ce qu'on parle assez aux femmes africaines de leurs droits matrimoniaux avant le mariage ?
Source image de couverture : LeBledParle
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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