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Kemi Seba est en prison. La Côte d'Ivoire prend la présidence des médias africains institutionnels. Même semaine. Même question : qui raconte l'Afrique ?
Publié le 20 avril 2026 à 15:52 UTC

Cette semaine, l'Afrique a emprisonné sa voix la plus radicale. Et confié à Abidjan les clés de ses ondes officielles. Hasard ou signal ?
Deux événements de la semaine du 14 au 18 avril 2026. Premier : Kemi Seba, figure iconique du panafricanisme de rue, est arrêté à Pretoria — recherché par le Bénin pour soutien présumé à une tentative de coup d'État. Second : la Côte d'Ivoire prend la présidence de l'Union Africaine de Radiodiffusion, l'instance qui fédère les diffuseurs publics du continent. Deux faits sans connexion apparente. Mais ensemble, ils posent la question la plus brûlante de l'Afrique contemporaine : qui raconte le continent ?
Kemi Seba incarnait un type de narration africaine que les institutions redoutent : populaire, radical, décolonial, sans filtre. Il brûlait des billets CFA en direct. Il appelait au départ des bases militaires françaises. Il remplissait des salles de jeunes Africains qui n'avaient jamais entendu quelqu'un parler de leur continent de cette façon.
Son arrestation est perçue par ses partisans comme la mise au silence d'une voix dérangeante. En face, la présidence ivoirienne de l'UAR représente un autre modèle : institutionnel, diplomatique, organisé. Deux visions du monde médiatique africain.
La vraie question : est-ce que l'Afrique peut se permettre de n'avoir qu'une seule façon d'être racontée ? L'Afrique des institutions a besoin d'être crédible. L'Afrique des rues a besoin d'être entendue. Ces deux narrations ne sont pas ennemies — elles sont complémentaires. Ce que cette semaine révèle, c'est qu'elles ne se parlent pas encore.
En 2050, l'Afrique sera la région la plus jeune de la planète. Ces jeunes se forgeront une opinion sur leur continent via les réseaux sociaux et les podcasts — pas via les médias publics. Un vrai media africain panafricain — ni aux ordres des gouvernements, ni dans la désinformation — reste à construire. Scoop Afrique en fait son ambition.
Selon toi, qui raconte mieux l'Afrique en 2026 : les médias institutionnels comme la RTI ou les voix comme Kemi Seba ? Il faut les deux ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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