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La même semaine d'avril 2026, la RDC accueille des migrants expulsés par Trump, et l'Afrique du Sud laisse Washington investir dans ses terres rares. Deux histoires séparées. Une seule logique : les pays africains échangent leurs ressources minérales contre des faveurs politiques américaines. Et ils ne font pas tous le même deal.
Publié le 22 avril 2026 à 11:13 UTC

Deux nouvelles. Une semaine. Un seul pattern.
Ces deux événements sont les faces d'une même médaille. Dans les deux cas, un pays africain riche en ressources minérales stratégiques négocie avec Washington. Dans les deux cas, les États-Unis obtiennent quelque chose. Dans les deux cas, le pays africain obtient quelque chose en retour.
La RDC possède 70% des réserves mondiales de cobalt. Elle échange l'accueil de migrants de Trump contre l'espoir d'investissements américains dans ses mines, et peut-être un appui géopolitique contre le M23.
L'Afrique du Sud possède des terres rares dans le Limpopo, essentielles aux aimants permanents des moteurs électriques et des systèmes militaires. Elle échange l'accès à ses mines contre 50 millions de dollars d'investissement américain — sans rien céder sur ses lois sociales intérieures.
Le contraste entre les deux transactions est saisissant.
La RDC a offert une concession humiliante — accueillir des étrangers dont personne ne voulait, dans un pays lui-même en crise humanitaire — en échange de promesses encore floues. Tshisekedi a agi depuis une position de faiblesse.
L'Afrique du Sud a tenu ses positions. Elle a résisté aux pressions de Trump sur la loi BEE. Et elle a négocié séparément, sur des bases strictement économiques, un investissement qui crée des emplois locaux, utilise une technologie propre, et respecte sa souveraineté industrielle. Pretoria a agi depuis une position de force.
La différence, c'est la qualité de la négociation. Pas la valeur des minerais — les deux pays ont des ressources d'importance équivalente sur les marchés mondiaux.
Les États-Unis, mais aussi la Chine, l'Europe et l'Inde, ont toutes besoin des minerais africains pour leur transition énergétique. Cette dépendance est structurelle — elle ne diminuera pas dans les prochaines décennies.
L'Afrique se trouve donc, objectivement, dans la meilleure position de négociation de son histoire postcoloniale. Ses ressources sont rares. La demande est massive.
La question n'est pas "est-ce que l'Afrique a quelque chose à offrir ?". La question est : "est-ce que l'Afrique sait ce que ça vaut ?"
La RDC de Tshisekedi, ce mois d'avril, semble ne pas le savoir. L'Afrique du Sud de Ramaphosa, elle, commence à le comprendre.
C'est la leçon de cette semaine.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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