Le Kenya dépasse les 100% de pénétration du mobile money, porté par M-Pesa. Mais le réseau d'agents physiques recule, signe d'une digitalisation qui change de visage.
Publié le 20 septembre 2026 à 09:00 — mis à jour le 27 septembre 2026 à 02:40

Ecouter l'article
Cinquante-quatre millions de comptes actifs pour un pays qui compte à peine plus d'habitants. Le Kenya n'a plus seulement bancarisé sa population, il l'a dépassée sur le papier.
Selon le rapport sectoriel du deuxième trimestre 2026 (avril-juin) du régulateur des télécommunications, la Communications Authority of Kenya, les abonnements mobile money ont atteint 54,01 millions, en hausse de 13,2% sur un an, portant le taux de pénétration à 101,3%.
M-Pesa, propriété de Safaricom, confirme sa position dominante avec 88,8% du marché, laissant des miettes à ses concurrents Airtel, Telkom Kenya et Equitel. Autre chiffre que précise le régulateur : les services financiers et à valeur ajoutée dépassent désormais la voix et le SMS comme première source de revenus mobiles, avec 42,8% du total.
Le signal le plus intéressant, pourtant, n'est pas celui qui grimpe. C'est celui qui recule. Le nombre d'agents physiques mobile money a chuté de 5,6% en un trimestre, passant de 602 470 à 568 463. Derrière ce chiffre sec, un changement de vie concret pour des dizaines de milliers de commerçants de quartier : le kiosque au coin de la rue, celui où l'on venait retirer son argent en liquide, cède peu à peu la place à une transaction que l'utilisateur fait seul, depuis son téléphone.
Pour un continent où l'inclusion financière s'est longtemps mesurée en nombre d'agences bancaires ouvertes, le Kenya trace une autre route : celle où le compte existe avant l'agence, et où la confiance se construit dans une application plutôt que derrière un guichet.
Le continent qui devra bancariser son milliard et demi d'habitants dans les décennies à venir le fera sans doute sur ce modèle plutôt que sur celui hérité des réseaux bancaires classiques.
Le mobile money peut-il, à lui seul, remplacer l'inclusion financière que les banques traditionnelles n'ont jamais réussi à offrir à l'Afrique rurale ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…