Passagers bloqués, vols retardés ou annulés : les agents de l'aviation civile paralysent le hub le plus fréquenté d'Afrique de l'Est pour réclamer l'application d'accords déjà signés.
Publié le 1 septembre 2026 à 10:32 — mis à jour le 18 octobre 2026 à 08:37

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Des valises entassées, des familles qui dorment sur les bancs du hall, des vols qui ne décollent ni n'atterrissent. Depuis plusieurs jours, l'aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA), la plus grande porte d'entrée aérienne d'Afrique de l'Est, tourne au ralenti.
Les agents de l'aviation, regroupés au sein du syndicat KAWU, ont repris leur mouvement après l'échec de précédentes négociations salariales et de conditions de travail avec la Kenya Airports Authority. Le quotidien décrit des voyageurs livrés à eux-mêmes, entre vols retardés, annulés ou simplement suspendus sans nouvelle information. Les grévistes réclament la mise en œuvre d'accords déjà signés mais jamais appliqués par les autorités aéroportuaires.
Ce bras de fer dépasse le seul Kenya. JKIA fonctionne comme un hub régional pour l'Afrique de l'Est, utilisé par des compagnies et des voyageurs de toute la sous-région pour rejoindre l'Europe, le Golfe ou l'Asie. Chaque jour de grève se traduit par des correspondances manquées bien au-delà des frontières kényanes, un rappel de l'interdépendance des économies est-africaines.
Cela révèle aussi une question plus large : celle de la capacité des grandes infrastructures africaines, souvent vitrines de la modernité présentée aux investisseurs, à traiter correctement les travailleurs qui les font fonctionner au quotidien. D'ici 2050, les hubs aériens du continent ne pourront pas se développer sur le seul argument du trafic passagers, sans résoudre durablement leurs tensions sociales internes.
Un aéroport peut-il vraiment incarner l'ambition d'un pays si ceux qui le font tourner ne s'y retrouvent pas ?
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