Renvoyé de force à Mogadiscio à son arrivée à Nairobi, le député de l'Assemblée législative est-africaine Abdirahman Bashir Shariff a obtenu gain de cause devant la Haute Cour du Kenya.
Publié le 30 septembre 2026 à 09:00 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 20:07

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Un passeport confisqué, un vol retour forcé vers Mogadiscio, et un homme exclu du jour au lendemain du pays dont il est pourtant citoyen. Voilà ce qu'a vécu Abdirahman Bashir Shariff, député de l'Assemblée législative est-africaine (EALA), le 14 août dernier à l'aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi.
Binational kényan et somalien, Shariff a été longuement interrogé par les services d'immigration, qui ont d'abord contesté sa nationalité kényane avant de lui reprocher de ne pas avoir déclaré sa double citoyenneté, rapporte la radio kényane Capital FM. Son passeport, numéro CK114667, lui a été retiré, et il a été placé de force dans un avion pour la Somalie, alors même que sa déclaration de double nationalité figurait déjà dans le système d'immigration, précise la même source relayée par le réseau panafricain AllAfrica.
Le 29 septembre, la Haute Cour du Kenya a tranché. La juge Mburu a ordonné aux autorités de restituer le passeport sous vingt-quatre heures, avec une formule qui a fait le tour des rédactions régionales : cette affaire porte sur une proposition qui n'aurait jamais dû nécessiter l'intervention d'un tribunal, que la République du Kenya ne peut exclure son propre citoyen de son propre pays.
L'affaire dépasse le cas individuel. Elle touche à une question sensible pour des millions d'Africains binationaux, du Kenya au Nigeria en passant par le Ghana, celle de savoir si un passeport suffit encore à garantir l'accès à sa propre nation quand l'administration doute, à tort, de l'identité de ses citoyens.
Alors que l'Union africaine pousse pour une libre circulation continentale d'ici 2050, cet incident rappelle que la bataille de la citoyenneté se joue d'abord aux guichets d'immigration, bien avant les sommets diplomatiques.
Combien de citoyens africains sans mandat parlementaire pour les défendre restent aujourd'hui bloqués dans un aéroport, sans recours possible devant un juge ?
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