À Lamu, au Kenya, la construction de la raffinerie à 16 milliards de dollars du groupe Dangote se poursuit malgré la contestation de 133 familles qui réclament leurs terres.
Publié le 1 octobre 2026 à 11:30

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Cent trente-trois familles. C'est le nombre de foyers qui affirment avoir des tombes ancestrales sur le terrain où doit sortir de terre l'une des plus grandes raffineries d'Afrique de l'Est.
À Lamu, sur la côte kényane, le groupe nigérian Dangote a entamé la construction d'une raffinerie évaluée à 16 milliards de dollars, malgré une ordonnance judiciaire qui avait temporairement suspendu les travaux, rapporte le site The Digger News.
Les habitants, regroupés derrière une pétition déposée devant la justice, réclament une indemnisation pour des terres qu'ils disent occuper depuis des générations, précise le portail Pulse.ng. Le chantier a pourtant repris le 30 septembre, confirme le média kényan Kenyans.co.ke, qui rappelle qu'un tribunal avait rejeté, quelques jours plus tôt, une première demande de suspension définitive du projet.
Le président William Ruto, qui avait posé la première pierre aux côtés d'Aliko Dangote, présente le projet comme stratégique pour l'indépendance énergétique de l'Afrique de l'Est.
L'histoire n'a rien d'original sur le continent. De l'exploitation minière en République démocratique du Congo aux plantations agro-industrielles en Afrique de l'Ouest, le schéma se répète : un investissement capable de transformer une économie nationale, et des communautés locales sommées de céder la place, souvent sans que la valeur de ce qu'elles perdent soit correctement évaluée.
Pour une Afrique qui veut industrialiser sa production pétrolière plutôt que l'exporter brute, chaque méga-projet de ce type est un test. Pas seulement technique ou financier : un test de la capacité des États à faire grandir une industrie sans écraser les droits de ceux qui vivaient là avant elle.
D'ici 2050, les plus grands succès industriels africains ne se mesureront pas seulement en milliards de dollars investis, mais en nombre de communautés qui auront pu rester sur leurs terres, ou y revenir dignement indemnisées.
Le projet de Lamu tiendra-t-il ses promesses de retombées locales, ou grossira-t-il la liste des grands chantiers africains bâtis sur des terres contestées ?
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