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Le Kenya quintuple la taxe d'accise sur le sucre importe d'Ouganda, ravivant les tensions commerciales entre les deux pays.
Publié le 13 juillet 2026 à 15:44 UTC+0

De 7,5 à 40 shillings le kilo. Une hausse de plus de cinq cents pour cent qui, sur le papier, ne concerne qu'une taxe douanière. Sur le terrain, elle menace des milliers d'emplois ougandais.
Depuis le 1er juillet, le Kenya applique un droit d'accise de 40 shillings par kilo, soit environ 0,3 dollar, sur le sucre importé, contre 7,5 shillings auparavant, rapporte l'Agence Ecofin. Nairobi justifie la mesure par la volonté de protéger les producteurs locaux et de soutenir la transformation sur son propre sol.
L'agence cite Jim Mwine Kabeho, président de l'Association des fabricants de sucre de l'Ouganda (USMA), pour qui cette mesure va réduire sensiblement la compétitivité du sucre ougandais sur le marché kényan. Parmi les conséquences potentielles évoquées pour le secteur figurent la baisse des recettes de vente, l'accumulation des stocks liée à une demande réduite, ainsi que des pertes d'emplois dans les usines sucrières ougandaises.
Pour les ouvriers agricoles et les employés des sucreries ougandaises, cette décision fiscale kényane, décidée à des centaines de kilomètres de leurs usines, se traduit directement en risque de licenciement, dans une région où le Kenya reste le principal débouché d'exportation.
Ce n'est pas qu'une querelle douanière technique. C'est un nouveau front dans les tensions commerciales récurrentes entre deux économies pourtant censées coopérer au sein de la Communauté d'Afrique de l'Est.
Une Afrique de l'Est intégrée en 2050 devra avoir remplacé ces mesures protectionnistes unilatérales par des règles commerciales communes, négociées et stables.
Cette taxe tiendra-t-elle face aux pressions diplomatiques ougandaises, ou Nairobi et Kampala trouveront-ils un compromis avant que les pertes d'emplois ne se matérialisent ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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