La Fondation MTN Côte d'Ivoire a été élevée au grade de Commandeur de l'Ordre du Mérite de la Solidarité. Une distinction qui interroge le rôle grandissant du secteur privé dans les politiques sociales du pays.
Publié le 23 septembre 2026 à 12:09 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 06:48

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Une distinction honorifique remise à une fondation d'entreprise en dit souvent plus long sur l'État qui la décerne que sur l'entreprise qui la reçoit. Ce 22 septembre, la Fondation MTN Côte d'Ivoire a été élevée au grade de Commandeur de l'Ordre du Mérite de la Solidarité, l'une des plus hautes reconnaissances civiles ivoiriennes pour l'engagement social.
Selon Afriksoir, cette distinction récompense des années d'action dans la santé, l'éducation, l'inclusion numérique et l'autonomisation des jeunes et des femmes. La secrétaire exécutive de la fondation, Natenin Coulibaly, a réagi en des termes mesurés : "cette distinction nous honore et nous engage", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'elle vient "reconnaître le travail accompli au quotidien" avec les partenaires et les communautés bénéficiaires. L'AIP, qui a également couvert la cérémonie, confirme que la fondation annonce vouloir renforcer ses partenariats avec l'État, les collectivités locales et la société civile, dans une démarche présentée comme cohérente avec le Plan National de Développement.
Le fond du sujet reste entier : un opérateur télécom qui finance des écoles, des centres de santé ou des formations numériques comble un vide, mais il ne remplace pas un budget public. Célébrer cette générosité privée sans interroger pourquoi elle devient nécessaire reviendrait à normaliser le désengagement de l'État sur des besoins fondamentaux.
À l'horizon de la prochaine décennie, le continent devra trancher un vrai choix de modèle : laisser le secteur privé combler les manques sociaux au coup par coup, ou construire des mécanismes de financement mixte, publics et privés, pensés dès le départ pour l'échelle. L'inclusion numérique des jeunes ne peut pas dépendre uniquement de la bonne volonté d'un opérateur.
Le secteur privé africain doit-il être remercié pour ce qu'il finance, ou interrogé sur ce que l'État a cessé de financer lui-même ?
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