Ancien patron du renseignement militaire ougandais et témoin prévu dans le procès de l'opposant Kizza Besigye, le général James Birungi se retrouve à son tour derrière les barreaux, accusé d'avoir fabriqué de faux rapports d'alerte terroriste.
Publié le 22 septembre 2026 à 11:41 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 05:31

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L'homme qui devait témoigner contre l'opposant Kizza Besigye se retrouve désormais de l'autre côté du box des accusés.
Le major-général James Birungi, ancien patron de la Chieftaincy of Military Intelligence, a été placé en détention préventive à la prison militaire de Makindye après l'audience de lundi devant la Cour martiale générale, rapporte The Observer. Il est accusé de trahison et d'infractions liées à la sécurité de l'État pour avoir, selon l'accusation reprise par The Independent, fabriqué de faux rapports de renseignement sur du carburant de contrebande et de prétendus kamikazes pour détourner frauduleusement des fonds opérationnels destinés à l'armée.
Nile Post souligne le retournement de situation : Birungi devait initialement comparaître comme témoin à charge dans le procès pour trahison visant le colonel Kizza Besigye, figure historique de l'opposition ougandaise accusée d'avoir comploté pour renverser le pouvoir.
Passible de la peine capitale en cas de condamnation, il partage désormais le banc des accusés avec trois autres officiers de l'armée poursuivis pour meurtre.
L'affaire dépasse le sort personnel d'un officier déchu. Que l'ancien chef du renseignement militaire d'un pays soit lui-même accusé d'avoir inventé des menaces terroristes pour capter des fonds publics interroge la manière dont les appareils sécuritaires du continent gèrent leurs budgets les plus opaques, ceux qu'aucun parlement ne peut vraiment auditer au nom du secret défense. En Ouganda comme ailleurs, les crédits alloués au renseignement échappent largement au contrôle citoyen, ce qui laisse la porte ouverte à ce genre de dérive dès qu'un rapport de force interne à l'armée se retourne.
Muté en avril 2025 à la tête d'une division d'infanterie de montagne avant son arrestation quelques mois plus tard, Birungi incarne la fragilité des carrières militaires dans des régimes où la proximité avec le pouvoir protège, jusqu'au jour où elle expose.
À l'horizon 2050, la crédibilité des institutions de sécurité africaines se jouera précisément sur ce terrain : la capacité à rendre des comptes même au sommet de la hiérarchie du renseignement, sans que cela ne dépende d'un simple retournement politique interne.
Un continent qui veut garantir sa stabilité durable ne peut pas continuer à traiter le contrôle de ses services secrets comme un angle mort de sa gouvernance.
Peut-on réellement faire confiance à un procès pour trahison mené par une institution militaire qui doit d'abord juger ses propres généraux pour les mêmes accusations ?
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