Investigations closes, défense en attente, mandat de dépôt maintenu : l'ex-ministre burkinabè Lionel Bilgo reste détenu après le rejet de sa demande de liberté provisoire.
Publié le 22 septembre 2026 à 11:40 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 20:06

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Un mandat de dépôt qui tient bon, une défense qui plaide l'apaisement, et un ancien membre du gouvernement qui reste derrière les barreaux malgré des investigations achevées.
Le pôle judiciaire spécialisé dans la répression des crimes économiques et financiers a rejeté, le 21 septembre, la demande de liberté provisoire de l'ex-ministre Lionel Bilgo et de son co-prévenu Vincent de Paul Kaboré.
Selon Aib.media, les deux hommes sont poursuivis pour exercice illégal d'activités foncières et publicité de promotion immobilière sans autorisation, dans le dossier de la société immobilière Traoré et Frères, un volet blanchiment de capitaux ayant depuis été ajouté à la procédure.
Wakatsera précise que le tribunal de Bobo-Dioulasso a jugé insuffisantes les attaches familiales invoquées par la défense pour écarter tout risque de fuite, tandis que le parquet évoquait un risque persistant de subornation de témoins. L'affaire a été renvoyée au 5 octobre, les deux prévenus étant détenus depuis fin août.
Ce dossier dit quelque chose de plus large que le sort d'un ancien ministre. Il illustre la difficulté des juridictions spécialisées ouest-africaines à arbitrer entre présomption d'innocence et prévention d'entraves à la justice, dans des dossiers économiques où d'anciens dirigeants conservent souvent des réseaux d'influence intacts malgré leur mise en cause.
L'Afrique que la génération de 2050 héritera ne pourra pas se construire sur des institutions judiciaires suspectées de traiter différemment puissants et anonymes. La manière dont ces pôles spécialisés traitent les dossiers touchant d'anciens responsables déterminera si cette justice économique est perçue comme un instrument d'assainissement réel ou comme un outil sélectif. C'est cette crédibilité, plus que la détention d'un seul homme, qui se joue à Bobo-Dioulasso.
Une justice économique qui détient un ancien ministre sans jamais le juger rassure-t-elle vraiment les citoyens, ou nourrit-elle seulement l'attente ?
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