Un jugement vieux de sept ans vient d'être renversé : la Cour d'appel d'Abuja juge illégal le maintien d'Ibrahim Magu à la tête de l'agence anticorruption, sans jamais l'aval du Sénat.
Publié le 22 septembre 2026 à 11:38 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 19:41

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Cinq années passées à la tête d'une agence anticorruption sans jamais obtenir l'aval du Sénat. Un juge vient de dire que ce montage n'aurait jamais dû tenir.
La Cour d'appel d'Abuja a annulé, le 21 septembre, un jugement de 2019 qui validait le maintien d'Ibrahim Magu comme président par intérim de l'Economic and Financial Crimes Commission entre 2015 et 2020. Selon Saharareporters, l'avocat et activiste Johnmary Jideobi avait saisi la justice dès 2017, estimant que la nomination de Magu était devenue illégale après que le Sénat a rejeté sa confirmation à deux reprises.
Thenigerialawyer rapporte que le tribunal de première instance avait pourtant conclu à une lacune dans la loi sur l'EFCC, ouvrant la voie à une prolongation discrétionnaire décidée par la présidence. La Cour d'appel a balayé cette lecture : un poste par intérim ne peut se transformer en fonction permanente par simple inertie administrative.
L'affaire dépasse le seul cas Magu. Elle interroge la manière dont plusieurs administrations africaines contournent les mécanismes de confirmation parlementaire pour installer durablement des fidèles à la tête d'institutions censées les contrôler.
D'après Naijanews, la décision ne change rien au fonctionnement actuel de l'EFCC, dirigée depuis par Ola Olukoyede, mais elle fixe un précédent que tout futur exécutif nigérian devra désormais respecter avant de nommer un intérimaire.
En 2050, sur un continent qui aura multiplié ses pôles de pouvoir économique et judiciaire, la lutte anticorruption ne pourra plus reposer sur la seule bonne volonté d'un exécutif de passage.
Ce type de jurisprudence pourrait devenir une arme pour les sociétés civiles qui réclament des institutions réellement indépendantes, capables de résister aux calculs politiques de court terme plutôt que de s'y plier. C'est cette bataille, plus que celle d'un seul homme, qui façonnera la crédibilité des agences anticorruption africaines pour les décennies à venir.
Combien d'autres présidents par intérim, ailleurs sur le continent, occupent aujourd'hui un fauteuil que le droit ne leur reconnaît plus vraiment ?
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