Le Trésor public burkinabè bat son objectif avec cette émission de Diaspora Bonds à la BRVM, en pleine crise sécuritaire et isolement diplomatique partiel.
Publie le 4 septembre 2026 à 14:24

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Cent cinquante et un milliards cinq cents millions de francs CFA. C'est la somme que la diaspora burkinabè vient de mettre, volontairement, sur la table pour financer son pays, en pleine crise sécuritaire.
Selon Financial Afrik, le Trésor public du Burkina Faso a levé 151,5 milliards FCFA à travers son émission de "Diaspora Bonds" sur la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Le d'un montant "dépasse largement" l'objectif initial fixé par les autorités. L' opération a mobilisé "plus de 151 milliards FCFA" auprès des Burkinabè de l'étranger, de la Côte d'Ivoire au Canada en passant par la France et les États-Unis.
Le symbole dépasse largement le chiffre. Depuis le coup d'État de 2022 et l'entrée du pays dans l'Alliance des États du Sahel, le Burkina Faso fait face à un isolement diplomatique et financier partiel vis-à-vis de certains partenaires occidentaux traditionnels. Se tourner vers sa propre diaspora pour financer l'État n'est donc pas qu'une astuce budgétaire : c'est un choix politique qui mise sur la fibre patriotique de millions de Burkinabè installés hors du pays, plutôt que sur des créanciers internationaux aux conditions parfois jugées trop contraignantes.
Ce mécanisme, déjà expérimenté avec succès par le Nigeria, le Kenya ou l'Éthiopie, pourrait devenir une alternative crédible aux emprunts classiques pour des États africains en quête de souveraineté financière. D'ici 2050, la diaspora africaine, forte de ses transferts d'argent qui dépassent déjà l'aide publique au développement, pourrait devenir le premier bailleur de fonds du continent. Le Burkina Faso vient d'en donner un avant-goût.
Confieriez-vous votre épargne à votre pays d'origine via ce type d'obligation, même en pleine incertitude sécuritaire ?
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