Vassiriki Traoré, patron des services ivoiriens, devait arriver jeudi à Bamako pour trois jours. Après des années de méfiance, cette visite pourrait rebattre les cartes de la sécurité au nord de la Côte d'Ivoire.
Publié le 17 octobre 2026 à 12:35 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 16:56

Quand le patron des renseignements ivoiriens se déplace en personne chez les militaires maliens, ce n'est pas pour une visite de courtoisie.
Vassiriki Traoré devait arriver à Bamako jeudi 15 octobre pour trois jours, sur invitation du général Modibo Koné, qui dirige l'Agence nationale de renseignement du Mali. Il doit être reçu par le chef de la junte, le général Assimi Goïta. Une source de sécurité malienne, citée par l'AFP, parle d'une « revitalisation des liens de coopération et de partage de renseignements pour la lutte contre le terrorisme ».
Pour mesurer le chemin, il faut revenir à juillet 2023. Quarante-neuf soldats ivoiriens arrêtés à Bamako, accusés de mercenariat, condamnés à vingt ans de prison, puis graciés.
Abidjan affirmait qu'ils étaient en mission pour l'ONU. Depuis, les relations sont restées glaciales.
Mais la géographie ne négocie pas. Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, opère parfois à quelques kilomètres de la frontière ivoirienne.
La Côte d'Ivoire n'a pas connu d'attaque meurtrière depuis 2021, et personne à Abidjan ne veut que cela change. Mi-juin, le ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara le disait déjà à l'AFP : le terrorisme « ne peut être vaincu par un État ». Fin août, une commission technique mixte a adopté à Bamako le tracé final de la frontière et un projet de traité de délimitation, rappelle La Nouvelle Tribune.
L'expert en sécurité Philippe Assalé, cité par la DW, résume l'enjeu : « stabiliser le Sud malien est une nécessité vitale ». Pour Bamako, c'est aussi une affaire de survie économique, puisque ses routes commerciales vers le port d'Abidjan en dépendent.
Aucun résultat n'a été communiqué à ce stade.
Dans une région où chaque capitale a longtemps compté ses menaces seule, une sécurité partagée entre le Sahel et le golfe de Guinée sera le chantier d'une génération. Faut-il tourner la page de 2023 pour protéger le nord ivoirien ? Dites-nous ce que vous en pensez.
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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