Le FDFP est en passe d'être érigé en Autorité nationale de financement et de régulation, une réforme qui pose la question de l'inclusion du secteur informel.
Publié le 20 août 2026 à 09:58 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 10:36

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Trente-cinq ans après sa création, la maison ivoirienne de la formation professionnelle s'apprête à changer de nom et de pouvoirs. Le Fonds de développement de la formation professionnelle est en passe d'être érigé en Autorité nationale de financement et de régulation des acteurs de la formation professionnelle.
Cette réforme, actuellement en cours de finalisation, a fait l'objet d'un atelier officiel d'examen et de validation technique, juridique et institutionnelle des avant-projets de textes, réunissant les parties prenantes du secteur, selon des informations diffusées par le FDFP lui-même.
Créé par la loi de 1991 pour gérer la taxe d'apprentissage et la taxe additionnelle à la formation professionnelle continue, l'établissement dispose d'un budget annuel proche de dix milliards de FCFA, selon le site spécialisé Cafsarlu.com, qui rappelle qu'en 2023 déjà, 12 647 entreprises avaient vu leurs plans de formation agréés au bénéfice de plus de 162 000 salariés. Cette réforme intervient peu après la deuxième édition du Forum international des métiers et des compétences, dont les participants ont recommandé, selon l'Agence ivoirienne de presse, d'élargir les interventions du fonds aux acteurs de l'économie informelle, largement exclus du dispositif actuel.
En clarifiant les rôles de financement et de régulation, la Côte d'Ivoire cherche à corriger un défaut classique des dispositifs africains de formation professionnelle : des fonds bien alimentés par les cotisations des entreprises formelles, mais quasiment inaccessibles à la majorité des travailleurs de l'économie informelle qui font pourtant vivre le pays.
Une économie africaine compétitive en 2050 ne pourra plus se permettre de laisser hors financement la majorité de sa main-d'œuvre réelle, celle qui travaille sans contrat ni fiche de paie.
Cette nouvelle autorité saura-t-elle enfin ouvrir ses financements aux artisans et travailleurs informels, ou restera-t-elle le domaine réservé des grandes entreprises cotisantes ?
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