Le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais, a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2031, cinq ans à l'avance.
Publié le 28 août 2026 à 15:42 — mis à jour le 17 octobre 2026 à 18:35

Ecouter l'article
Un fils de 52 ans vient d'annoncer sa candidature à une élection prévue dans cinq ans, pendant que son père de 81 ans dirige encore le pays.
Sur X, mardi 25 août, le général Muhoozi Kainerugaba a écrit : « Je me présenterai pour la plus haute fonction du pays en 2031. Et nous gagnerons par la grâce du Dieu Tout-Puissant ». Il a ajouté viser 90% des suffrages, porté selon lui par le soutien de son père, qu'il appelle Mzee, terme swahili de respect. Yoweri Museveni dirige l'Ouganda depuis 1986, soit quarante ans de pouvoir sans interruption, et vient de décrocher un septième mandat en janvier 2026 à la tête du Mouvement de résistance national.
Muhoozi, 52 ans, chef des forces terrestres ougandaises et président de la Ligue patriotique de l'Ouganda, avait lui-même brigué la présidence en 2026 avant de se retirer. Pendant ce temps, l'opposition ougandaise s'effrite autrement : Bobi Wine a quitté le pays pour les États-Unis cette année, craignant pour sa sécurité, et Kizza Besigye reste emprisonné depuis 2024, poursuivi pour trahison.
Ce n'est pas une succession démocratique qui se dessine ici, c'est une transmission de pouvoir qui s'annonce cinq ans à l'avance, entre un père toujours en poste et un fils déjà couronné par ses propres mots. Pour une jeunesse est-africaine qui n'a connu qu'un seul président depuis sa naissance, la question de la relève ne se pose même plus en ces termes : elle se pose en termes de dynastie.
Si Muhoozi succède un jour à son père, l'Ouganda aura connu deux présidents en près de soixante-dix ans. Ça vous semble compatible avec une démocratie qui respire ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…